Dans la plupart des comtés, les machines électorales doivent se mettre en marche, car un retard dans les blocs de départ serait catastrophique à la ligne d'arrivée. Le choix d'un candidat pour porter les couleurs d'un parti est un passage obligé qui peut être une formalité, comme dans le cas de la plupart des députés sortants, ou chaudement disputé, lorsqu'une circonscription est « prenable ».
Si la candidature des députés sortants de la région ne fait aucun doute, plusieurs assemblées d'investiture sont une occasion unique de mettre le parti sur la carte, de confirmer une candidature rassembleuse ou d'apporter du sang neuf à des formations qui en ont grandement besoin. Tout cela dépend du profil et de la visibilité du candidat recherché, des priorités du parti national, du leadership du chef et de la disponibilité de candidats vedettes.
Par exemple, la candidature de Françoise Boivin pour le NPD dans Gatineau donne à ce parti une notoriété instantanée.
Longtemps un fief libéral, la région de la capitale nationale offre un portrait électoral beaucoup plus diversifié depuis que le scandale des commandites a fait son oeuvre. Qui aurait dit, par exemple, que le Bloc ferait élire Richard Nadeau dans Gatineau ? Qui aurait pensé que les majorités spectaculaires de Don Boudria dans Glengarry-Prescott-Russell (G.?P.?R.) fondraient au point de porter le conservateur Pierre Lemieux aux Communes ? Que dire de la présence de ministres aussi importants que le député de Pontiac Lawrence Cannon aux Affaires étrangères ou John Baird (Ottawa-Ouest-Nepean) aux Transports ?
Dissensions libérales
Ce jeudi, deux assemblées d'investiture se tiendront dans les anciens fiefs libéraux de Gatineau et de G.?P.?R.
Dans l'un comme dans l'autre, il est difficile de pointer une candidature qui s'impose d'évidence.
Dans Gatineau, par exemple, des trois candidatures à l'investiture libérale, celles du candidat de 2008 Michel Simard et de l'ex-directeur national du PLC, Steve MacKinnon, font le plus jaser en raison de la division de l'exécutif du parti. Ces dissensions internes sont de fort mauvais augure si une campagne nationale devait être déclenchée : elles laissent toujours des traces. Le candidat Jean-Paul Ruskowski voudra en profiter. Qu'importe le résultat, aucun des trois candidats ne s'impose d'évidence en prévision d'une chaude lutte qui se dessine avec le député bloquiste Richard Nadeau et la néo-démocrate Françoise Boivin. Partir divisé n'est pas une bonne idée.
Le défi de G.-P.-R.
La course à l'investiture libérale dans G.?P.?R. soulève également beaucoup d'intérêt. Sans qualifier cette circonscription de typiquement « francophone », elle fait partie de ces comtés, comme Ottawa-Vanier ou Ottawa-Orléans, où leurs élus peuvent exercer une véritable influence dans la francophonie canadienne. Ce n'est certainement pas le cas du député conservateur Pierre Lemieux dont la mollesse évidente pour les causes francophones est inversement proportionnelle à son ardeur au boulot.
Les libéraux doivent donc présenter une candidature locale offrant la meilleure possibilité de reprendre le fief de Don Boudria. Des quatre candidats à l'investiture, celle du maire du canton de Russell Ken Hill et de Julie Bourgeois, procureur adjoint de la Couronne à L'Orignal, soulèvent le plus d'intérêt.
S'il semble que Ken Hill ait la sympathie de Don Boudria, Julie Bourgeois peut être associée à la garde montante du parti. Elle récolte aussi une impressionnante brochette d'appuis dont ceux de Gisèle Lalonde, Jean-Jacques Blais, Bernard Grandmaître et Ronald Caza. Elle incarne une relève porteuse et stimulante non seulement pour G.?P.?R., mais également pour la francophonie de l'Est ontarien.
Tous les partis doivent penser à la relève et saisir l'occasion de passer le flambeau à des jeunes qui veulent s'engager en politique et qui en ont le dynamisme et les convictions. Cette occasion semble se présenter dans G.?P.?R.











