Un tiers d'échec parmi les étudiants de l'Université Laval, 40% à l'Université de Sherbrooke, 48% à l'Université de Montréal. Cette fois, "les taux d'échec sont plus élevés", dit un responsable. "Moins de 50% de réussite", révèle un autre.
C'est à se demander quelle serait la performance des étudiants de l'Université d'Ottawa, là où le statut minoritaire du français handicape son apprentissage encore plus qu'au Québec...
Au Québec, ce "Test de certification en français écrit pour l'enseignement" est imposé après la deuxième année d'études. Sa réussite est obligatoire avant la poursuite en troisième année d'université, sous peine de suspension.
En théorie, cela ne ferait pas problème. Mais il y a pénurie de professeurs et retarder la diplomation de nombreux étudiants des Facultés d'éducation équivaut à tarir la source qui abreuve les rangs des professeurs qui souffrent de vieillissement collectif et d'usure prématurée. Les plus vieux, issus du Baby boom, prennent leur retraite, et trop de ceux qui commençaient à les remplacer changent de profession, déçus de leur expérience professionnelle.
Bref, les rangs s'amenuisent et la pauvre performance de la future relève laisse présager une cohorte encore plus amincie.
Comment réagir?
Une "révision" du test n'a pas donné les résultats escomptés. Abaisser les exigences ne dessert personne, que ce soit en rendant le test plus facile, ou en le corrigeant de façon moins stricte. Ce n'est certainement pas de ce côté qu'il faut regarder. Il y aura des appels en faveur de la "nouvelle orthographe", une révision de la graphie et des règles grammaticales. Ce n'est pas la révolution que certains craignent et cela aidera un peu mais ce n'est pas la panacée à court terme.
Non, la solution passe par la formation. Cette avenue reçoit déjà des appuis, comme Manon Bernard, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement, et Marie-Éva de Villers, auteure du Multidictionnaire. Dépistage à l'entrée et cours obligatoires sont des éléments évidents d'une correction des lacunes constatées au Test de certification. À cela, il faut ajouter la carotte plutôt que le bâton: au lieu de punir et suspendre les non diplômés du Test de certification, offrons-leur davantage de cours d'appoint et la chance de pouvoir se reprendre plusieurs fois.
Crédibilité
Mohamed Harkat est-il une victime de la paranoïa du gouvernement du Canada, dans l'ère post-11septembre 2001?
Peut-être, et la loi sur les certificats de sécurité a bien servi le Canada pour le garder en prison, puis à vue, soupçonnant M.Harkat d'être un agent dormant d'Al-Qaïda.
Ces soupçons sont basés sur des informations glanées par le Service canadien du renseignement de sécurité, on ne sait trop comment. Toute question trop précise est détournée parce que considérée comme "une menace à la sécurité nationale".
Le passé de Mohamed Harkat est trouble et il n'offre que trop peu de réponses pour l'éclaircir. Mais le SCRS n'est pas plus limpide, même sous l'ordre de la Cour fédérale. Plus le dossier avance, plus la crédibilité du SCRS est entachée dans ce dossier.
La Gendarmerie royale du Canada a fait des bavures dans sa gestion du dossier de Maher Arar. Voilà que le SCRS ne fait pas mieux dans un autre dossier hautement litigieux. Le Canada devrait montrer l'exemple d'une démocratie respectueuse des droits humains, et éviter les agissements constatés dans des "républiques de bananes" où la règle du droit cède le pas à la loi du plus fort.
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