Personne ne se réjouira devant ces nouvelles factures, ou plutôt ces factures gonflées à gauche et à droite, de quelques sous dans certains cas, de quelques dollars dans d'autres cas. Cela pourrait aussi mettre en péril une reprise économique fragile dans certains secteurs industriels et dans l'esprit des contribuables qui commenceront à peine à se sortir le cou hors de l'eau. Il est trop facile de juste dire: 'Oh non, pas encore de nouvelles taxes!' Car c'est à ça qu'équivalent ces hausses de tarifs dans l'esprit des gens. Mais les citoyens doivent regarder au-delà des considérations politiques faciles, de manière à apprécier la difficile position des finances publiques du Québec.
Ce n'est pas plus facile en Ontario. Les dépenses ne se rétractent pas en période de récession, au contraire. Les gens sont plus malades, ils font plus appel aux divers filets collectifs comme l'aide sociale. L'État est davantage sollicité pour des aides industrielles sectorielles, comme on l'a vu pour l'automobile. Bref, Dalton McGuinty doit rêver aux mêmes remèdes que Jean Charest, ces mois-ci. La seule différence, c'est que le moteur économique de l'Ontario, qui toussote depuis que la crise économique existe, est traditionnellement plus performant que celui du Québec.
Mais le gouvernement Charest n'a pas vraiment le choix ni d'augmenter les tarifs, ni d'augmenter d'un pour cent la TVQ, la taxe de vente du Québec (après que les conservateurs de Stephen Harper eurent réduit la TPS d'autant en janvier 2008). L'état des finances publiques est alarmant.
Hier, le très apolitique rapport mensuel du ministère des Finances annonçait que le déficit budgétaire du Québec s'élevait à trois milliards de dollars au 30juin.
Ce trou a été creusé en trois mois à peine, depuis le dernier budget du ministre Raymond Bachand... qui prévoyait un déficit de 3,9 milliards$ pour toute l'année financière 2009-2010.
L'équation des finances publiques n'est pas difficile à estimer. Si les revenus n'augmentent pas, les dépenses doivent se replier si l'on ne veut pas creuser davantage le déficit dans lequel le Québec comme le fédéral, l'Ontario,etc. vient de replonger. Dans ce scénario, M.Charest envoie donc le message qu'il faut revoir les tarifications de l'État québécois.
Il l'a fait timidement, à reculons, sous les pressions du Parti québécois qui remplit son rôle d'opposition officielle (bien qu'il ne ferait pas différemment s'il était à la barre). M.Charest l'a fait parce qu'un document du ministère des Finances datant du dernier budget en parlait déjà .
Le gouvernement Charest n'a pas vraiment le choix.
Le plan libéral tourne autour de deux axes: une indexation générale, applicable sur l'ensemble des tarifs de l'État, doit-on inférer, et une étude sur le coût réel de certains services, gratuits ou déjà tarifés. L'objectif est là de récupérer un plus juste tarif, en proportion avec ce que le service gouvernemental coûte à l'État. Cet exercice devrait être perpétuel et le gouvernement entend bien corriger les creux qui se matérialisent avec l'inflation. Après cinq ou 10 ans, l'écart à combler est important et le faire de façon subite provoque des grincements de dent.
Nous n'avons qu'à nous rappeler l'acrimonieux débat sur la hausse des tarifs de garderie de cinq à sept dollars, au début du premier gouvernement Charest, pour apprécier l'ampleur des crises sociales qui pourraient surgir quand les intentions du cabinet libéral seront précisées.











