Coderre pense loin

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Pierre Jury
Le Droit

Même s'il était absent du congrès de l'aile québécoise du Parti libéral du Canada, l'ombre de Denis Coderre a plané au-dessus des discussions.

Sa démission à titre de lieutenant, annoncée il y a huit jours, continue de nourrir les échanges partisans, d'autant plus que ni le parti ni M.Coderre n'ont enterré le sujet.

 

M.Coderre a fait une sortie remarquée mais pas fracassante sur le plateau de l'émission Tout le monde en parle, diffusée dimanche soir à Radio-Canada. Quant au chef, Michael Ignatieff, il a montré qu'il avait de la graine de Paul Martin en changeant d'idée à propos du poste de lieutenant québécois.

Le poste ne sera pas comblé, disait-il, il y a une semaine. En fin de semaine, il a plutôt fait savoir qu'il le serait.

À court terme, Denis Coderre ne s'est pas fait d'amis avec sa décision de quitter ses responsabilités d'organisateur en chef pour le Québec, mais à long terme, il doit être convaincu du contraire. C'est pourquoi il en a fait une question «de principes».

Comme les accrocs du poker, Denis Coderre joue son va-tout en abattant son jeu sur la table. Et advienne que pourra. À court ou moyen terme, si les libéraux venaient qu'à l'emporter contre les conservateurs, il est moins que certain que M.Coderre accéderait au cabinet. Statut qui lui était assuré à titre de lieutenant.

En public, M.Ignatieff contient bien ses mauvais sentiments mais en privé, il a certainement dû rager contre lui et la semaine d'enfer qu'il lui a fait vivre. Au lieu de vivre le congrès comme un grand lancement électoral, les libéraux ont réparé des pots cassés. Comme stratégie, on aura vu mieux. Depuis la fin de l'été que M.Ignatieff adopte un ton plus belliqueux à l'endroit du gouvernement Harper, voilà qu'il est obligé de baisser le volume de sa rhétorique et paraître comme un homme-Teflon sur qui les mauvais sondages de septembre ne collent pas.

Denis Coderre siège depuis 12 ans à la Chambre des communes et pense à long terme comme le lui permettent ses 46 ans.

Il a du temps devant lui. Il sait bien que Michael Ignatieff n'est pas éternel. Il a 62 ans et si les choses devaient mal tourner pour M.Ignatieff, sa carrière politique pourrait s'interrompre dès une prochaine défaite électorale une affaire de quelques mois, peut-être , ou durer 10 ou 12 ans, si tout devait bien aller. Même dans le scénario à long terme, Denis Coderre n'aurait pas encore 60 ans, et il pourrait encore se présenter à la direction du Parti libéral du Canada.

En se vantant d'avoir toujours été un homme «de principes», même s'il faut parfois en payer un cher prix politique.

C'est dans ce sens qu'il faut comprendre le dossier de Martin Cauchon. En faisant attention de ne pas paraître comme celui qui mettait les bâtons dans les roues, Denis Coderre espérait que M.Cauchon se tasse de cette route qui pourrait mener à la tête du PLC, un poste auquel M.Cauchon pourrait aussi prétendre. M.Coderre a échoué dans le croc-en-jambe qu'il tendait à Martin Cauchon, mais au moins réussi de l'avis de plusieurs, tout de même à garder la tête hors de l'eau.

Sur le plateau de Radio-Canada, M.Coderre ne semblait pas du tout abattu, ni n'a subi de récrimination de la foule. Il a presque réussi à passer pour le bon gars qui s'est battu pour le Québec au sein d'un parti qu'il aime mais qui ne lui rend pas toujours la pareille.

Le dénouement de cette histoire pourrait prendre du temps à se jouer. Et ce, sans garantie que ça se finira comme Denis Coderre l'anticipe. Compte tenu des impondérables de la politique, la fin pourrait être à des lieues de ce qui est anticipé ici.

Mais une chose est sûre: M.Coderre mise sa carrière sur du long terme, pas sur quelques mois. C'est pour ça que le poste de lieutenant québécois lui allait comme un gant en 2009: il avait l'occasion de mettre en place le coeur de l'équipe libérale fédérale de la prochaine décennie. Il n'a pas eu le temps de finir son boulot à cause d'accrocs comme Martin Cauchon et, ne l'oublions pas, Hélène Scherrer, une ancienne députée de Québec écartée de son ancien comté.

Mais dans cinq ou 10 ans, cet épisode sera presque oublié. Les seuls souvenirs qui auront passé le temps seront les allégeances des libéraux recrutés par Denis Coderre en 2009. Et pour les électeurs, qui se rappelleront de ce dernier comme d'un homme... «de principe».

Du moins, c'est ainsi que Denis Coderre écrit le scénario.

 

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer