Déjà quatre années se sont passées depuis qu'il a, contre toute attente, délogé Yves Ducharme de son poste de maire. Personne n'avait cru que ce conseiller municipal discret serait de taille contre un maire flamboyant. Il a fini par dominer à force de travail sur le terrain et de répéter qu'il s'intéresserait aux services de proximité plutôt qu'aux projets grandioses.
De toute évidence, l'intérêt des citoyens de Gatineau pour les services de base ne s'est pas démenti depuis. La sécurité publique, la vitesse dans les rues, le déneigement, les nids-de-poule, les ordures ménagères, les taxes municipales, voilà les principales préoccupations des contribuables. Et M. Bureau, dont l'intégrité et les bonnes intentions n'ont jamais été mises en doute, est toujours positionné comme le champion de ces causes.
Évidemment, la question d'une vision d'avenir pour Gatineau commence à poindre à l'horizon. LeDroit a été l'un des vecteurs importants de ce message qui était souvent critique de M. Bureau. Mais ce dernier a répondu avec brio à ce défi en présentant Destination Gatineau, un vaste projet de rénovation urbaine entre les rues Laurier et la rivière des Outaouais. Voilà une idée majeure pour métamorphoser ce coin du centre-ville. Pour un homme qui était taxé de ne pas voir plus loin que la prochaine poignée de main, c'est tout un changement.
Au cours de ses quatre années comme maire, Marc Bureau a dit avoir appris. Au cours d'une rencontre éditoriale de plus d'une heure avec les représentants du quotidien LeDroit, sa maîtrise des dossiers municipaux était impressionnante. Sa timidité le handicape toujours. Il n'est pas le tribun inspirant que certains Gatinois souhaiteraient, mais, lors des face-à-face, il ne rate pas une occasion de se mettre au niveau de son interlocuteur pour le faire sentir important. C'est sans doute la raison pour laquelle il dévoue tant d'heures à des activités communautaires où il peut échanger avec Monsieur et Madame Tout-le-monde qui sont heureux d'avoir été salués par Monsieur le maire.
Marc Bureau dit avoir appris de certaines décisions malheureuses qui ont marqué son premier mandat, et il y en a eu : le congédiement de la vérificatrice générale, le PPP raté de l'aréna Robert-Guertin, notamment. L'influence de son chef de cabinet, Luc Bouvier, n'est qu'un « mythe », dit-il, et ce dernier a appris à ne pas dépasser son rôle. LeDroit est confiant que cet apprentissage terminé et une vision d'avenir retrouvée, les Gatinois profiteront d'un meilleur maire cette fois-ci. D'un maire plus ouvert, plus assuré. Et comme M. Bureau n'est pas du genre à pécher par excès de confiance, nous croyons qu'il ne pourra que faire mieux au cours des quatre prochaines années.
Le maire sortant profite, et il faut le reconnaître, d'un bulletin de vote qui divise l'électorat, embrouillé par cinq autres candidats. Deux seulement ont démontré tout le sérieux qu'une campagne à la mairie exige, mais c'est amplement suffisant pour empêcher qu'une opposition galvanise ses appuis derrière une seule alternative. Bref, le vote d'opposition est divisé.
Aurèle Desjardins a l'expérience du conseil municipal, mais il n'a jamais réussi à la cristalliser pour faire la preuve qu'il était prêt à mener Gatineau vers l'avenir. Sa tentative de se démarquer du maire Bureau a échoué. Tony Cannavino aurait pu incarner le changement. Il a mené une campagne différente, discrète au départ, puis très visible. Son programme électoral n'a jamais été à la hauteur du personnage. Au-delà de lancer que MM. Bureau et Desjardins étaient les doigts d'une même main, et que sa feuille de route lui permettrait de régler les conflits ouvriers à la Ville de Gatineau, l'électeur est resté là, à attendre la suite du message. Mais il n'y avait rien.
Le choix des Gatinois est clair : Marc Bureau mérite de revenir à la mairie, en espérant qu'il fasse mieux que la première fois.










