Malgré les messages répétés à satiété au cours des derniers mois par les autorités médicales, un certain scepticisme s'était installé au sein de la population de la région.
Toutefois, le décès subit, la semaine dernière, de deux jeunes Ontariens ayant contracté le virus a eu l'effet d'un électrochoc, éveillé les consciences et incité les gens à se présenter massivement, souvent à tort, dans les centres de vaccination ouverts tant à Ottawa qu'à Gatineau.
Lancées lundi à Ottawa et mercredi à Gatineau, ces opérations de vaccination ont connu des ratés et nécessité de nombreux ajustements. C'est normal.
Cependant, le contraste était frappant entre l'ampleur de l'opération à Ottawa et la lourdeur du système mis initialement en place à Gatineau.
À Ottawa, où c'est la ville qui dirige l'opération, quelque 17000 personnes ont reçu le vaccin en trois jours dont 4200 la première journée. À Gatineau, c'est le Centre de santé qui pilote l'opération. Quelque 700 personnes, ont été vaccinées la première journée. L'appel avait d'abord été lancé pour une partie de la clientèle à risques. Malheureusement, cette consigne a plus ou moins été respectée. Par contre, le nombre de personnes vaccinées augmentera de jour en jour, notamment avec l'ouverture, aujourd'hui, d'un deuxième site de vaccination à Gatineau. La vaccination du personnel médical est aussi en cours en Outaouais.
Pourquoi tant de différences? Problème de structures? Problème de communications? Difficile pour le moment de trouver une réponse à ces questions. Chose certaine, la popularité soudaine du vaccin traduit l'inquiétude qui gagne la population face à la pandémie. Et pour cause.
Des deux côtés de la rivière des Outaouais, le nombre de cas signalés de personnes atteintes par le virus est à la hausse et devrait s'accentuer au cours des prochaines semaines avec l'arrivée en force de la deuxième vague de la pandémie.
En Outaouais, les autorités médicales affirment s'ajuster d'heure en heure pour assurer l'efficacité de l'opération et disent disposer de suffisamment de vaccins pour répondre à la demande, particulièrement lors de l'ouverture des cliniques de vaccination massive vers la mi-novembre.
La vaccination n'est pas obligatoire. C'est un choix individuel.
Et les gens qui ont choisi de recevoir le vaccin doivent faire preuve de civisme, s'informer adéquatement sur les dates et les lieux de leur vaccination et respecter les consignes d'usage pour ne pas pénaliser personne et, surtout, pour assurer la bonne marche de la vaccination.
C'est une simple question de responsabilité sociale. Tant pour les citoyens que pour les autorités médicales.
Un coup de maitre
Hydro-Québec vient de réaliser un coup de maître en faisant l'acquisition d'une partie des actifs d'Énergie Nouveau-Brunswick. C'est en effet la première fois qu'une telle transaction entre sociétés d'État est conclue au pays. Les premiers ministres du Québec et du Nouveau-Brunswick, Jean Charest et Shawn Graham, ont confirmé, hier, à Fredericton, la conclusion d'un accord en vertu duquel la société d'État québécoise met la m ain sur la plus grande partie des actifs d'Énergie Nouveau-Brunswick au montant de 4,75 milliards $.
Cet accord permettra au Nouveau-Brunswick d'éponger presque la moitié de sa dette évaluée à 10 milliards $, en plus d'assurer un approvisionnement énergétique propre et à faible coût pour les Néo-Brunswickois. Actuellement, les tarifs d'électricité sont 60 % plus élevés au Nouveau-Brunswick qu'au Québec. L'entente annoncée hier prévoit un gel des tarifs résidentiels et d'affaires pour cinq ans dans la province.
Cette percée majeure dans l'est du pays ouvre également la voie à d'autres accords du genre avec l'Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse et facilitera les exportations d'électricité d'Hydro-Québec vers les États-Unis, un marché fort lucratif. Cet accord audacieux risque assurément de provoquer des remous politiques autant au Nouveau-Brunswick qu'ailleurs dans les provinces Maritimes.
Jean Charest et Shawn Graham ont donc intérêt à déployer tous les efforts pour vanter les mérites de cet accord s'ils ne veulent pas qu'il soit emporté par les remous politiques.











