Le problème des changements climatiques est bien réel. Même le gouvernement conservateur le reconnaît. Il s'agit d'un grand pas, mais le défi est de traduire ce pas en engagements, puis en gestes concrets.
Sous Jean Chrétien, les libéraux avaient pris, en 2002, des engagements envers le protocole de Kyoto. Puis, rien. L'objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de six pour cent par rapport au niveau de 1990 n'a pas fait l'objet de mesures concrètes. Le fédéral a bel et bien dépensé de l'argent... mais la réalité, c'est que les émissions ont crû de 27% plutôt que de baisser. Au lieu de s'approcher de la cible, on s'en est éloignée.
Parmi les pays signataires, peu ont fait pire - l'Espagne et le Portugal certains, pas mieux (la Grèce, l'Irlande, la Nouvelle-Zélande). D'autres ont brillamment relevé le défi, et pas de petits pays non plus: l'Allemagne, la Norvège, l'Angleterre. C'est donc possible, et même si on est un pays producteur de pétrole comme la Norvège.
(Parmi les pays non-signataires, la Chine ("150%) et l'Inde ("103%) sans se soucier de l'environnement. Étonnamment, les États-Unis ("20%) ont mieux fait que le Canada.)
Pour le gouvernement Harper, il n'est même pas question de prendre quelqu'engagement que ce soit pour faire suite à Kyoto. En ce sens, il est pire que les libéraux à qui ils ont succédé. Mais il ne veut pas que sa mauvaise foi paraisse.
Le passage de Rona Ambrose à titre de ministre de l'Environnement lui a suffisamment fait de tort. Stephen Harper tente au moins de préserver les apparences. L'équipe politique du ministère a aussi pris de l'expérience et Jim Prentice n'est pas aussi sec dans ses interventions que MmeAmbrose. Mais son opposition à toute réglementation n'est pas moins décidée.
Ce coup-ci, le Canada soutient privilégier une approche continentale à la question de l'environnement. Cela semble logique, puisque la pollution ne connaît pas les frontières. Mais, en réalité, le Canada s'en remet ainsi au bon vouloir des États-Unis. Le président Barack Obama paraît peut-être plus vert que Stephen Harper, mais ses intentions sont perturbées par les interventions de sénateurs et d'États américains qui font obstacle aux outils de contrôles internationaux.
La récession fournit un argument supplémentaire dont ils n'avaient pas besoin, mais qui sert malgré tout. Bref, il ne faut rien faire pour nuire à une économie fragilisée et, d'un point de vue canadien, ne pas nuire à l'industrie pétrolière de l'Alberta et de la Saskatchewan.
La solution aux gaz à effet de serre est facile à trouver, mais difficile à mettre en place.
Le Canada ne facilite en rien le dossier. Au lieu de présenter un plan ambitieux à la limite des capacités que les conservateurs pourraient estimer raisonnables pour le pays, Jim Prentice se fait le chantre de l'échec à Copenhague.
Un pionnier
Un de nos pionniers, Jean-Robert Gauthier, éprouve des ennuis de santé. Toutes nos pensées l'accompagnent.
Dans son cas, ce n'est pas nouveau. Il en a déjà combattu d'autres et il est passé au travers. Un peu affaibli, mais pas moins droit, car la droiture n'a rien à voir avec la colonne vertébrale ou l'âge, mais avec ce que l'on a dans la tête, dans le coeur et dans les tripes.
Franco-Ontarien qui s'est battu pour les siens sans égards aux conséquences négatives qu'il pourrait encourir, M.Gauthier a été peu vu publiquement depuis la publication d'une biographie qu'a signée Rolande Faucher, l'an dernier. Il n'en est pas moins présent en filigrane dans plusieurs gestes de fierté franco-ontarienne, non pas personnellement, mais via les gens qui ont marché dans son sillon.










