Ce phénomène social est à la fois complexe et malheureusement en nette croissance.
Pour faire la lumière sur cette dure réalité, la Commission de la santé et des services sociaux a sillonné le Québec, au cours de la dernière année, pour prendre le pouls de la population et des organismes sociaux et communautaires.
Composée de représentants de tous les partis politiques à l'Assemblée nationale, l'organisme a rendu public, mercredi, un rapport unanime dans lequel elle formule une trentaine de recommandations visant à mieux circonscrire la problématique, à mieux supporter les organismes communautaires généralement les premiers répondants venant en aide aux personnes défavorisées et, surtout, à assurer aux itinérants d'obtenir toutes les chances en vue d'une réinsertion sociale durable.
En toile de fond, la Commission en arrive à la conclusion que les coûts sociaux découlant de l'inaction face à l'itinérance dépassent largement ceux d'une action concertée.
Une étude réalisée en 2007 en Alberta et portant sur la période 1993-2004, évaluait d'ailleurs à près de 50 milliards$ pour les contribuables canadiens les coûts de l'inaction en matière d'itinérance, soit environ 35000$ annuellement par sans-abri.
C'est énorme et ces données ne tenaient pas compte de la crise économique qui sévit actuellement au pays.
En Outaouais, une douzaine d'organismes ont comparu devant la Commission ou ont soumis leur mémoire lors de son passage à Gatineau en octobre 2008.
La région de l'Outaouais est certes l'une des plus riches au Québec, si l'on se fie à la moyenne des salaires et à son faible taux de chômage.
Pourtant, on estime qu'un ménage sur cinq y vit sous le seuil de faible revenu.
Le phénomène est également amplifié par la proximité avec l'Ontario, de sorte que l'itinérance n'a clairement pas de frontière. Cette particularité distingue d'ailleurs l'Outaouais des autres régions du Québec.
Au cours des derniers mois, on a noté une hausse appréciable de la demande pour de l'aide alimentaire, une augmentation de la fréquentation au Gîte-Ami le seul refuge pour itinérants dans la région et une fréquentation accrue des unités d'hébergement d'urgence pour les familles itinérantes. Les problèmes physiques ou mentaux découlant de la pauvreté et de l'isolement exercent également une pression accrue sur notre système de santé.
En 2008, 1880 personnes seules ou en famille étaient sans abri en Outaouais et ont été contraintes d'utiliser une ressource d'hébergement d'urgence, dont 242 adolescents âgés entre 13 et 17 ans.
Pendant la même période, quelque 150000 repas ont été servis dans les soupes populaires de la région et près de 40000 sacs d'épicerie ont été distribués par les banques alimentaires.
Cette réalité doit inciter nos politiciens à agir rapidement et à donner suite aux recommandations de la Commission qui a clairement démontré que le statu quo n'est plus une option.










