Si l'on excepte Montmagny-L'Islet, où toute l'attention était centrée sur les candidats conservateur et bloquiste le maire de La Pocatière Bernard Généreux et l'enseignante Nancy Gagnon qui ont raflé ensemble plus de 80% des voix, les partielles d'hier annoncent des jours sombres pour les libéraux et l'opportunité, pour les néo-démocrates, s'ils jouent bien leurs cartes, de devenir, qui sait, le principal adversaire du PC lors de la prochaine élection générale.
Les libéraux sous Stéphane Dion avaient mieux fait à l'élection de 2008 que sous Michael Ignatieff aux partielles de 2009. Leur part du vote a baissé partout et ils ont dû céder la deuxième place au NPD dans les circonscriptions d'Hochelaga, à Montréal, et de Cumberland-Colchester-Mosquodoboit, en Nouvelle-Écosse. Après l'élection de Thomas Mulcair dans Outremont, l'an dernier, l'obtention de près de 20% des votes dans un château-fort du Bloc constitue une percée pour le NPD. Faut-il noter que lors d'un sondage récent, plus du quart des répondants québécois voyaient en Jack Layton le meilleur premier ministre. Personne n'a fait mieux que lui!
En Colombie-Britannique, dans la circonscription de New Westminster-Coquitlam, le NPD a conservé son siège en augmentant sa part du vote de 38% en 2007 à près de 50% aux partielles. Pendant ce temps, sauf dans Montmagny-L'Islet, les conservateurs de Stephen Harper font du sur place. L'occasion est belle: le NPD, s'il veut cesser un jour de lutter pour la balance du pouvoir, doit tenter sans délai de convaincre les Canadiens qu'il est apte à gouverner.
Les enjeux ne manquent pas. L'environnement, en particulier, est le talon d'Achille des conservateurs. Sous le gouvernement Harper, le Canada a renié les principes de Kyoto en matière de réduction des gaz à effet de serre et suscite maintenant l'ire des pays et groupes qui tentent de sauver la planète des effets désastreux du réchauffement climatique. La protection de l'environnement pour les générations actuelles et futures compte parmi les principales préoccupations de l'électorat.
Pour le NPD c'est un dossier en or. Les conservateurs font aujourd'hui partie du problème et, sous les libéraux, qui avaient pourtant ratifié Kyoto, la situation avait continué d'empirer. Ni le Bloc ni le Parti Vert ne sont en mesure de gouverner. À l'oeuvre, M.Layton. La fenêtre se refermera rapidement.
Le prince Charles
Le prince Charles est arrivé à Ottawa hier. Il participera, aujourd'hui, à la cérémonie du Jour du Souvenir. Cette première visite du Prince de Galles au Canada depuis 1996 survient au moment où les sondages révèlent qu'une forte majorité de Canadiens est indifférente à la monarchie. La visite de Charles animera sûrement la discussion sur nos relations avec la Couronne britannique et l'ensemble de la famille royale.
Un constat s'impose: les Canadiens ne se considèrent plus sujets mais citoyens. Nos véritables dirigeants sont élus et même si on leur confie d'énormes pouvoirs, ils demeurent juridiquement nos égaux. Cela semble un anachronisme, dans un tel contexte, de devoir appeler le prince Charles "son altesse royale" et d'incliner la tête quand on le rencontre pour marquer un quelconque rang supérieur.
Le temps des courbettes est fini, Monsieur Charles.










