Ce parti est si miné par les divisions internes, par les départs, par les problèmes financiers et par la désorganisation, qu'il semble pratiquement impossible pour quiconque de recoller les pots cassés et de relancer cette formation politique dont les heures de gloire semblent issues d'un passé lointain.
À peine trois semaines après avoir été élu de justesse à la tête du Parti, Gilles Taillon s'est prévalu, mardi, de la seule option qu'il lui restait, celle d'abandonner la direction de la formation politique.
Incapable de refaire l'unité de son parti après une course au leadership longue et acrimonieuse, Gilles Taillon a malgré tout confirmé son intention de rester en poste jusqu'à ce qu'un nouveau chef soit désigné. Mais, du même coup, il en a rajouté en laissant sous-entendre que les finances de l'ADQ auraient été entachées par de présumées irrégularités, ce qui contribue à élargir les fissures qui sont en voie de couler le navire adéquiste.
Des voix s'élèvent déjà pour que l'on couronne son successeur. La perspective d'une nouvelle course au leadership, longue et coûteuse, ne semble pas recueillir l'appui des militants adéquistes encore meurtris par le récent exercice du genre.
Le nom de l'ex-journaliste de TQS, Gérard Deltell, est avancé pour succéder rapidement à Gilles Taillon. Il semble intéressé. S'il devait accepter de prendre la tête du parti, rien ne garantit qu'il lui soit possible de remettre la formation sur rails.
Car l'ADQ, qui, il y a deux ans à peine, formait l'opposition officielle à l'Assemblée nationale, avec 41 députés, a perdu toute crédibilité. Reconquérir l'appui, ne serait-ce que d'une partie des électeurs, tiendrait presque du miracle. Et c'est sans compter la surdose de cynisme que la saga adéquiste injecte à un électorat déjà désabusé par les frasques d'un trop grand nombre de politiciens.
Rappelons-nous que le plus récent couronnement à la tête d'une formation politique québécoise fut celui de Pauline Marois, qui a pris la direction du PQ après la vertigineuse descente aux enfers de son prédécesseur, André Boisclair.
Cela n'a pas empêché les libéraux de Jean Charest de prendre le pouvoir à la tête d'un gouvernement majoritaire lors de l'élection générale du 8décembre 2008, un scrutin qui a précipité la démission de l'ancien chef adéquiste, le charismatique Mario Dumont, et qui a pavé la voie à l'actuelle débandade de l'ADQ. Et le PQ peine à se démarquer des libéraux depuis un an.
Pourtant, lors de sa création, en 1994, l'ADQ répondait aux attentes d'une frange de l'électorat de droite nationaliste, mais non indépendantiste, qui ne se reconnaissait plus dans le Parti libéral.
En 2009, les valeurs véhiculées par une troisième voie sont toujours d'actualité et correspondent aux aspirations d'une portion des électeurs.
Le problème, c'est qu'aucune formation politique ne répond pour l'instant aux attentes de ces électeurs, surtout pas l'ADQ.
Et, visiblement, dans le contexte actuel, il nous apparaît quasi impossible pour l'Action Démocratique de renaître de ses cendres même si un nouveau chef est désigné rapidement.
La formation d'un nouveau parti politique, structuré, organisé et doté d'un programme clair, qui interpelle les Québécois qui ne misent plus sur les deux partis traditionnels, nous semble la voie à emprunter. Est-ce possible? Qui voudra se lancer dans une telle aventure?
Qui aurait cru, il y a quelques mois, que Mario Dumont bénéficierait aujourd'hui d'une meilleure sécurité d'emploi à titre d'animateur au canal «V» que son successeur à la tête de l'ADQ, et que le parti qu'il a fondé il y a 15 ans, avec Jean Allaire, serait à l'article de la mort?
Correction
Une erreur s'est glissée dans notre éditorial d'hier qui portait sur les élections complémentaires de lundi dans quatre circonscriptions fédérales, dont deux au Québec. Nous avons malencontreusement mentionné que le nouveau député conservateur de Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, Bernard Généreux, dirigeait auparavant la Fédération québécoise des municipalités, ce qui n'est pas le cas. Il s'agit d'un autre Bernard Généreux.
Nos excuses.










