Au cours des derniers mois, les autorités gouvernementales, tant fédérale que provinciales, ont justifié l'accroissement de leur déficit respectif par la nécessité d'injecter des centaines de millions de dollars pour stimuler une économie passablement malmenée par la récession.
Ottawa a en outre délié les cordons de sa bourse pour annoncer un vaste de projet de rénovation des infrastructures, ce qui a eu un effet de levier évident permettant de lancer des centaines de chantiers de construction et de mettre à niveau des infrastructures désuètes partout au pays.
La région de la Capitale nationale a largement bénéficié de cette manne gouvernementale, alors que fourmillent les projets en Outaouais et dans l'Est ontarien. Demain, LeDroit consacrera d'ailleurs son Cahier économique annuel à ce boom sans précédent dans la région.
Mais le prix à payer pour stimuler une telle relance économique est l'accroissement des déficits.
Ainsi, le gouvernement fédéral verra son déficit passer à 56 milliards $, celui de l'Ontario devrait atteindre 25 milliards $ contre 5 milliards $ pour celui du Québec.
Nombre d'économistes ont défendu cette approche non sans lancer un avertissement clair : une fois l'économie relancée, les gouvernements devront adopter des plans visant à réduire leur endettement respectif, ce qui laisse présager une sérieuse période d'austérité à l'échelle du pays.
À plus petite échelle, on apprenait, cette semaine, que le niveau d'endettement des jeunes Québécois est à la hausse au point de devenir une source de préoccupation.
Un sondage réalisé pour le compte des Associations de consommateurs du Québec révèle que 24 % des jeunes âgés entre 18 et 29 ans font leur épicerie à crédit, alors que leur endettement moyen varie de 1700 $ à 2200 $.
Détenir une carte de crédit semble également être un automatisme pour les jeunes. C'est un mode de vie. D'ailleurs, 32 % des répondants ont affirmé en avoir fait l'acquisition pour se constituer un bon dossier de crédit.
Quand on considère que les Canadiens sont endettés à hauteur de 140 % de leurs revenus, la tendance qui se dessine chez les 18-29 ans n'augure rien de bon pour l'avenir.
Mais peut-on blâmer la génération montante de vouloir suivre l'exemple des gouvernements qui affirment agir de façon responsable en acceptant de s'endetter pour stimuler l'économie ?
La faim justifie les moyens
Le nombre de Canadiens ayant recours à une banque alimentaire a augmenté de 18 % en un an au pays, un autre effet pervers de la crise économique.
L'Alberta, la Nouvelle-Écosse et l'Ontario sont les trois provinces les plus durement touchées, bien qu'aucune région au pays n'ait été épargnée.
On peut assurément mesurer l'ampleur de la récession quand on constate que 20 % des bénéficiaires des banques alimentaires font partie de la population active, mais qu'ils n'arrivent tout simplement pas à joindre les deux bouts.
Entre 2007 et 2009, les soupes populaires ont servi 39 % plus de repas à des gens dans le besoin.
En Outaouais, la demande a augmenté de quatre pour cent comparativement à 2008. Ce taux semble faible si on le compare à la hausse nationale. La demande est donc là. Ce sont les moyens qui manquent pour y répondre.
Devant tant de difficultés, nos gouvernements se doivent de supporter les organismes qui viennent en aide aux plus vulnérables de la société. Sinon, une éventuelle relance économique non inclusive risque de provoquer une fracture sociale dont les coûts sont insoupçonnés.










