Le maire Bureau doit faire confiance

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Jacques Pronovost
Le Droit

On peut être fier d'être la quatrième ville en importance au Québec. Il faut aussi agir comme une grande ville et faire fonctionner ses structures pour que celle-ci soit digne de ce titre et continue sa croissance dans cette voie.

Pour cela, le maire de Gatineau, Marc Bureau, devra faire confiance, s'ouvrir aux gens du milieu, bien s'entourer, que ce soit à l'hôtel de ville et dans les structures paramunicipales qui doivent en assurer le développement.

À l'aube d'un deuxième mandat de quatre ans, il doit absolument construire autour de lui les équipes les plus fortes. De la même façon, les gens qui ont à coeur le développement de leur ville et de leur région doivent cesser de lui mettre des bâtons dans les roues, de grenouiller dans son dos, de préparer déjà la prochaine campagne électorale.

Le développement de la région ne se fera que par la bonne volonté de tous ceux qui l'ont à coeur. Heureux ou pas du dénouement de la dernière campagne et du choix des électeurs.

Un commentaire souvent entendu dans le milieu des affaires notamment, au sujet de la réélection du maire Bureau et de plusieurs conseillers municipaux fut : « il faudra faire avec ».

Passons maintenant de la parole aux actes en mettant en majuscules et en action le dernier mot de la phrase : AVEC.

Cela implique aussi le maire lui-même. S'il veut que les gens travaillent avec lui et pour leur ville, il doit aussi travailler avec eux, leur donner de la place, leur faire confiance, miser sur leurs compétences, provoquer le développement des réseaux de contacts, provoquer l'ébullition d'idées, utiliser les forces des promoteurs régionaux. En fait, même si le mot paraît parfois péjoratif : il doit EXPLOITER les forces du milieu. Pour le bien de sa municipalité et d'une grande région dont il est le leader et qu'il doit positionner comme ville-région importante au Québec.

Cela commence nécessairement par Développement économique CLD Gatineau. En conservant la présidence de l'or­­ganisme, le maire Bureau démontre plus un repli sur lui-même qu'une ouverture d'es­­prit. Ce n'est pas parce que son opposant à la mairie et ex-conseiller Aurèle Desjardins en avait fait une promesse électorale que cela n'était pas une bonne idée.

Laval, Montréal et Québec délèguent la responsabilité de mener les dossiers de leur société de développement éco­­nomique à une personne du mi­­lieu des Affaires, reconnue et respectée dans son milieu. Sherbrooke et Trois-Rivières font de même. Ville de Saguenay, par contre, a délégué à la présidence un conseiller municipal. Les plus petites MRC préfèrent aussi souvent laisser ces responsabilités dans les mains des élus municipaux.

Il semblerait naturel que Gatineau se place dans le peloton des plus grandes villes du Québec plutôt que des plus petites, principalement dans le créneau du développement économique.

Les corporations de développement économique sont des entités éminemment politiques. Elles ont été maintes fois refondues, réorganisées, au gré des changements politiques, ceux même du gouvernement provincial dont elles sont des créatures indirectes.

Bailleurs de fonds de ces organisations, les villes et le gouvernement provincial tiennent à en surveiller les agissements et à en fixer les orientations. Il n'y a pas de mal à cela. Leur difficulté à dépolitiser la gestion est toutefois plus inopportune et freine le développement autant qu'elle peut l'aider selon les cas. Cela dépend souvent de la personnalité des élus.

Mais les CLD ne doivent pas non plus devenir des faire-valoir pour des gens d'affaires en mal de pouvoir politique ou se préparant à une future campagne électorale. Ce serait là la meilleure façon de braquer les uns contre les autres et de nuire au développement plutôt que de le favoriser.

Il est temps pour Gatineau, cependant, de tenter l'expérience d'une présidence forte et dynamique au DE-CLD, un peu plus indépendante de l'influence politique et de l'agenda de l'hô­­tel de ville, centrée sur sa véritable mission et de miser sur une personne à la présidence qui aurait la confiance du maire, mais celle aussi des milieux d'affaires.

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