Jusque là, l'ETC avait été liée principalement à la boxe, et plus récemment au football nord-américain. On a maintenant une preuve de plus que les joueurs sonnés par des coups violents à la tête en restent marqués pour la vie. Leur carrière peut être écourtée, mais au-delà de la patinoire, c'est toute leur qualité de vie qui finit par en souffrir. Le fils de M.Fleming raconte que son père est devenu maniaco-dépressif dans la quarantaine. Il a commencé à manifester des troubles de mémoire à court terme dans la cinquantaine. Il se battait avec des gens dans la rue sans raison, commente son fils.
Les problèmes d'autres joueurs traités pour des troubles psychiatriques ou la maladie d'Alzheimer étaient peut-être, au fond, liés à l'ETC, laissent entendre les chercheurs de l'Université de Boston. Le défenseur Jamie Heward, de Tampa Bay, avait déjà subi une vingtaine de commotions cérébrales depuis les rangs junior quand une mise en échec l'a expédié tête première dans la baie vitrée. Sa carrière a pris fin sur le champ et il ne se souvient plus très bien de la journée de l'incident.
Il offre cependant une vue pertinente des motifs pour lesquels les hockeyeurs subissent des commotions à répétition. Selon lui, les joueurs de hockey deviennent leurs pires ennemis en insistant eux-mêmes pour revenir au jeu le plus rapidement possible. La concurrence aurait ici un effet pernicieux: les joueurs blessés craignent constamment de perdre leur place dans l'équipe. Certains iraient même jusqu'à mentir pour ne pas mettre leur carrière en péril. Évidemment ce climat de concurrence est attisé par les directions d'équipe, qui voient là un moyen d'améliorer leurs performances.
Il serait regrettable, cependant, de jeter plus que la juste part du blâme sur les joueurs. Régler le problème des commotions cérébrales serait plus facile s'il y avait moins de commotions cérébrales. Et il y en aurait moins si les coudes et les genoux restaient à leur place. Si les bâtons ne servaient pas d'arme offensive. Si les assauts par derrière étaient punis à leur juste valeur. Si la Ligue nationale de hockey et les propriétaires d'équipe y mettaient toute la volonté requise... Si le public réagissait enfin en menaçant dirigeants et joueurs de tourner le dos à un sport qui laisse ses vedettes se faire assommer à volonté!
Un jeune hockeyeur de 15 ans de la région montréalaise, Marc-André Émond, est paralysé de la tête aux pieds depuis la fin de novembre après une violente mise en échec par derrière. Son père raconte qu'il entend régulièrement les parents crier dans les gradins: «Fesse-le, tue-le.» La barbarie commence là!
La même étoffe
Avec Lise Bourgeois à la présidence, La Cité collégiale poursuivra sa jeune tradition d'excellence. Prendre la relève d'Andrée Lortie ne sera pas chose facile. La barre est haute, très haute même, mais Lise Bourgeois est faite de la même étoffe. Elle aussi a su prendre avec brio les rênes d'une organisation - le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) qui, sous sa direction, a enregistré les taux de réussite les plus élevés des 72 conseils scolaires anglophones et francophones de l'Ontario.
Durant son mandat, le Conseil a réussi à augmenter ses effectifs alors que la plupart des autres conseils scolaires voyaient les leurs diminuer. C'est maintenant le plus gros conseil scolaire de langue française à l'extérieur du Québec. Dans un contexte de vieillissement de la population et de faible taux de natalité, il s'agit là d'un exploit significatif. Si ce passé est garant de l'avenir, La Cité collégiale restera entre bonnes mains.










