Quand Biathlon Canada annonce en anglais seulement la sélection des athlètes olympiques à quelques semaines seulement des Jeux de Vancouver, on constate à quel point le respect des deux langues officielles a peu d'importance dans ce milieu. Même après que LeDroit eut porté cet impair à l'attention du public, Biathlon Canada n'avait toujours pas affiché de traduction en français, hier, en fin de journée. On aurait pu plaider la négligence au début, mais, après quelques jours, on s'interroge davantage sur la bonne foi des auteurs.
Mais la question reste toujours la même. Une fois les dégâts constatés, que fait-on ? Parfois, quand il est trop tard, comme pour la cérémonie unilingue anglaise de la Ville d'Ottawa, on doit se contenter d'excuses. Si une loi ou un règlement continue d'être bafoué, on peut toujours s'adresser aux tribunaux, qui ont eu tendance à renforcer les droits des francophones. Le dossier de la gestion scolaire dans la francophonie hors Québec en fait foi. Dans les nombreuses situations où le recours judiciaire est inopportun, cependant, il faut s'en remettre aux autorités et espérer trouver une oreille réceptive.
La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) a recommandé, récemment, d'accorder au Commissaire fédéral aux langues officielles un pouvoir de sanctions à l'égard d'institutions fédérales fautives en matière linguistique. Le commissaire actuel, Graham Fraser, n'a pas commenté cette proposition. Il ne veut même pas en discuter publiquement. On peut imaginer pourquoi. De son côté, le ministre de Patrimoine canadien, James Moore, ne prendra pas position avant de connaître la position de M. Fraser. Le dossier ne semble pas près de débloquer...
La proposition de la FCFA, fut-elle acceptée, ne réglerait sans doute pas les grands problèmes du bilinguisme canadien, mais le débat que la Fédération a entamé sur les pouvoirs de M. Fraser mérite d'être poursuivi. L'octroi de pouvoirs quasi judiciaires à un commissaire fédéral ne constituerait pas un précédent. M. Fraser pourrait agir avec plus de fermeté et ne plus se contenter de dénoncer constamment les mêmes lacunes dans ses rapports annuels et ponctuels.
À la longue, les énoncés de bonnes intentions sans suite usent la confiance et la patience. La situation engendrée par 40 années très imparfaites de mise en oeuvre des grands principes de bilinguisme, version canadienne, doit être corrigée et il ne faut trop attendre. Sinon, toute la structure sera en péril.
Les braves
Pendant que des chefs d'État perdent des années en palabres alors que l'environnement ne cesse de se détériorer, il est réconfortant d'apprendre que, quelque part en Antarctique, les membres d'un groupe de défense des baleines s'exposent aux pires dangers pour protéger les plus grands mammifères marins de la planète contre des chasseurs japonais qui souhaitent commercialiser la viande de baleine.
Il faut du courage pour s'interposer entre un navire industriel et ses proies. Depuis des siècles, ça joue dur sur les océans. Des militants de l'organisation Sea Shepherd l'ont appris, cette semaine, quand leur bateau a été coulé en haute mer par un baleinier japonais. Ils auraient pu, comme la plupart d'entre nous, rester confortablement assis pour lamenter toutes les injustices du monde. Leur geste doit servir d'exemple. De la survie d'espèces animales à la protection de l'environnement y compris les changements climatiques, les actions d'individus finissent par compter autant, sinon plus, que tous les traités.










