Tous pour Haïti

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 200 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Pierre Bergeron
Le Droit

Samedi dernier, les ex-présidents américains George W. Bush et Bill Clinton ont joint leur voix à celle de Barack Obama pour encourager leurs compatriotes à venir en aide au peuple haïtien.

Comme à l'occasion du tsunami de 2004 et de l'ouragan Katrina en 2005, le président en exercice n'hésite pas à faire appel à ses prédécesseurs pour utiliser le formidable levier de la présidence américaine au service d'une cause humanitaire. Quant aux objectifs, ils se chiffrent en milliards de dollars, non seulement pour l'aide immédiate, mais également pour l'éventuelle reconstruction d'un pays qui n'en finit plus de tomber.

 

Même s'il est difficile de comparer la réaction des autorités canadiennes à leurs voisins du sud, on peut se demander si le premier ministre Stephen Harper pourrait faire appel à ses prédécesseurs pour faire un appel à la population canadienne. Pour une fois que les anciens leaders pourraient unir leur voix pour défendre une cause commune, cela nous changerait de la partisanerie qui marque trop souvent l'exercice du pouvoir.

Bien sûr, cela ne signifie pas que la politique américaine est dénuée de partisanerie même dans les moments où la solidarité humaine s'impose. Bien au contraire. Les réactions incendiaires de certaines grandes gueules de la droite américaine à la catastrophe haïtienne sont une insulte à la race humaine. Elles ne font que démontrer l'acharnement vicieux de larges pans de la société américaine contre son président élu à l'aube du premier anniversaire de son entrée au pouvoir.

Fort heureusement, la politique canadienne nous épargne de telles interventions. Le premier ministre Stephen Harper devrait cependant s'inspirer du front commun des trois présidents pour mettre à contribution la crédibilité, l'expérience et les réseaux de ses prédécesseurs au service de la cause haïtienne. La présence de la gouverneure générale Michaëlle Jean et du premier ministre aux côtés d'un John Turner, Brian Mulroney, Kim Campbell, Jean Chrétien ou Paul Martin démontrerait aux Canadiens que nos leaders peuvent unir leur voix lorsque le besoin s'en fait sentir. De la même façon que les artistes se mobilisent au service d'Haïti, les politiciens doivent faire de même avec les énormes moyens à leur disposition.

L'initiative doit venir du premier ministre car c'est à lui de donner l'impulsion nécessaire à une telle démonstration de solidarité auprès de ses prédécesseurs. Les Canadiens sont généreux et ils ne se laissent pas prier pour venir en aide à leurs soeurs et leurs frères haïtiens.

Tant mieux si l'exemple vient de haut.

Frais de gestion

Lorsque nous donnons, nous voulons que le plein montant de notre don se rende directement à ceux dont nous appuyons la cause. Nous voulons que notre don ait une efficacité directe et maximale sur ceux qui sont frappés par le malheur.

Or, ce principe et cette bonne volonté se heurtent à la réalité de la multitude d'organismes de charité, bénévoles et sans but lucratif, qui ne peuvent fonctionner sur l'air du temps. Ils ont des salaires à payer et des frais d'opération avant de se rendre à pied d'oeuvre. Il est tout à fait normal que nous voulions que nos dollars se rendent directement aux gens dans le besoin. Par contre, il ne faudrait pas qu'on s'imagine, bien à tort, que les Croix-Rouge de ce monde opèrent à coût nul.

D'autre part, il y a des «coûts» administratifs ou des dépenses d'opportunité dont les Canadiens pourraient se passer au moment où on sollicite leur solidarité concrète. Vidéotron a donné un bel exemple en levant les frais d'interurbains en direction d'Haïti pour une période d'un mois. Il en va de même pour les frais de transaction des cartes de crédit. Aux États-Unis, Visa, Mastercard et American Express ont décidé de ne plus prélever les frais de transaction sur les dons versés pour Haïti. Les Canadiens s'attendent à la même générosité corporative... si ce n'est déjà fait.

La catastrophe haïtienne nous interpelle tous.

pbergeron@ledroit.com

 

publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer