Avec la fondation du Droit, fin mars 1913, celle de l'ACFÉO constitue l'une des pierres d'assises de l'histoire franco-ontarienne, puisque l'éducation et les communications sont deux des principales composantes d'une collectivité qui veut s'affirmer. Ces deux institutions vont jouer un rôle capital dans l'affirmation, l'épanouissement et la défense des intérêts de la communauté franco-ontarienne. D'autres viendront s'ajouter au cours des décennies, parfois au terme de luttes épiques et de bien des sacrifices, pour donner aux franco-ontariens les moyens de leurs aspirations.
Si l'histoire trilogique de l'ACFÉO-ACFO-AFO peut servir de trame à celle du peuple franco-ontarien, on ne doit jamais oublier que cette histoire est marquée de plusieurs points d'orgue que les historiens se chargeront de mettre en évidence comme le combat contre le Règlement 17, les grands progrès en éducation, la loi 8 sur les services en français et la lutte pour la survie de l'hôpital Montfort.
Ainsi, en amorçant les célébrations de son centenaire sous ses trois déclinaisons, l'AFO avait une excellente raison de célébrer car, quelques jours auparavant, le gouvernement de l'Ontario, par la voix de la ministre de la Santé, Deb Matthews, présentait un nouveau règlement donnant aux franco-ontariens un rôle beaucoup plus concret dans la planification et l'intégration des services de santé.
Dans la Loi de 2006 sur l'intégration du système de santé local créant 14 Réseaux locaux d'intégration des services de santé (RLISS), le gouvernement McGuinty n'avait donné à l'article16 qu'un rôle consultatif et bénévole aux francophones. En pratique, chaque réseau devrait déterminer, entre autres, comment impliquer la communauté francophone dans la planification du système de santé local, préciser les besoins en santé et améliorer l'accès.
Le nouveau règlement devrait créer cinq entités de planification de langue française pour collaborer avec les réseaux locaux des services de santé de la province et impliquer les institutions francophones en place. Il s'agit d'un progrès certain sur le caractère consultatif de la première mouture du règlement car la communauté aura son mot à dire.
On ne peut minimiser l'apport essentiel de l'AFO dans ce changement de cap du gouvernement. Dès la présentation des règlements de la Loi sur l'intégration du système de santé local, l'organisme a joué son rôle de «voix politique» de la communauté et a sensibilisé non seulement les leaders de la communauté mais également la classe politique. Ainsi, la ministre des Services sociaux et communautaires, Madeleine Meilleur, a porté ce dossier au sein du cabinet. Il aura fallu également l'intervention musclée du commissaire aux services en français, François Boileau, et la participation de Charles Beer au groupe de travail du gouvernement, pour que le dossier ne fasse son chemin non seulement à Queen's Park mais aussi dans la bureaucratie de la santé en Ontario.
Si l'AFO se cherchait une raison véritable de célébrer ce centenaire au même titre que ses prédécesseurs, elle en a une dans l'adoption de ce nouveau règlement. Il ne s'agit bien sûr que d'une étape d'un processus pas toujours facile à décrypter. Il faut maintenant que les cinq nouvelles entités soient formées d'ici l'été prochain et, surtout, que des protocoles soient négociés avec les divers Réseaux d'intégration des services de santé (RLISS). C'est là qu'on verra jusqu'où ira la bonne volonté exprimée concrètement par le gouvernement McGuinty.










