Depuis un an, Ottawa, Québec et Queen's Park ont injecté des centaines de millions de dollars dans des programmes de stimulation économique pour rénover les infrastructures publiques, éviter la faillite de certains constructeurs automobiles ou relancer le secteur de la rénovation domiciliaire.
Ces mesures ont permis d'éviter une débâcle financière comme celle enregistrée aux États-Unis et d'assurer une certaine stabilité économique pendant cette période trouble. Ces interventions étaient nécessaires, mais elles viennent assurément plomber les ressources financières étatiques.
En ce début d'année 2010, les ministres des finances planchent donc sur la préparation des budgets qu'ils déposeront au cours des prochaines semaines. Mais, déjà, de nombreux indices laissent présager des coupes importantes dans les budgets des ministères et organismes gouvernementaux, ce qui aura assurément un impact sur les fonctions publiques et contribuera à maintenir un certain climat d'insécurité économique à l'échelle du pays.
Au Québec, l'année 2010 sera en outre marquée par des négociations avec les employés de l'État, pourparlers qui s'annoncent ardus tant le fossé qui sépare les parties au plan monétaire est important.
Question d'en rajouter, les médecins spécialistes et les omnipraticiens du Québec ont récemment indiqué qu'ils n'entendaient pas faire les frais des compressions gouvernementales à venir. Au contraire, ils réclament un rattrapage salarial leur permettant de réduire l'écart avec leurs confrères des autres provinces canadiennes.
Et, en Outaouais, la situation déjà très fragile dans le secteur de la santé risque de se détériorer si Québec impose des restrictions budgétaires additionnelles.
Déjà aux prises avec un déficit important qu'il tente de juguler, le Centre de santé et de services sociaux de Gatineau doit, dans ce contexte, tout tenter pour éviter de réduire les services à la population.
Malgré les dizaines de millions de dollars injectés par le gouvernement québécois au cours des dernières années pour moderniser les infrastructures régionales du secteur de la santé, un fait demeure?: les autorités doivent composer avec une grave pénurie de personnel qui les oblige en outre à recourir aux agences privées pour pallier au manque d'infirmières.
Et il y a un prix à payer pour maintenir de tels services, une pratique qui a certes contribué au déficit du Centre de santé.
Mais ne perdons pas de vue qu'en juin 2007, Québec a octroyé à l'Outaouais un statut particulier en santé. Non pas parce que c'était un luxe, mais bien parce qu'il s'agissait de la meilleure façon de faire face à l'unique problématique d'une région à la frontière de l'Ontario.
Trois ans plus tard, on ne peut nier qu'il y a eu des améliorations à la suite des efforts considérables qui ont été consentis. Les mesures mises en place ont en outre permis d'embaucher et de conserver du personnel. Mais l'implacable réalité fait en sorte que de trouver un médecin de famille en Outaouais tient toujours du miracle, que les heures d'attente demeurent trop longues aux urgences et que le personnel médical et de soutien est à bout de souffle. Qui plus est, il faudra encore des années pour espérer régler la pénurie de main-d'oeuvre dans ce secteur aussi névralgique.
Dans ce contexte, les députés libéraux de la région, le ministre Norm MacMillan en tête, doivent s'assurer que les restrictions budgétaires à venir n'auront pas pour effet de faire reculer l'Outaouais en matière de santé, alors que l'on commence à peine à voir la lumière au bout du tunnel.










