Entre 1982 et 2006, le conflit du bois d'oeuvre a fait l'objet de négociations entre les deux pays voisins. Le conflit, finalement, aura donc duré... un quart de siècle et aura occupé quatre présidents et cinq premiers ministres. C'était donc plus qu'une mauvaise entente entre deux politiciens avec des visions opposées !
Dans le cas le plus récent, les deux parties auront mis moins d'une année à s'entendre. Bravo !
Certes, les critiques de l'annonce faite hier soulignent que l'American Recovery and Reinvestment Act of 2009 vient bientôt à échéance et que la majeure partie des fonds prévus a déjà été engagée. Et l'entente n'engage que 37 des 50 États américains.
Mais il faut apprécier que l'accord sur le Buy America Act trace la voie pour de futurs programmes de ce genre. L'idée est de prévenir d'éventuels coups durs assénés par des politiciens protectionnistes des deux côtés du 49e parallèle.
Négocier avec un partenaire 10 fois sa taille n'est jamais chose facile. Lui soutirer des concessions, comme l'a lancé Scott Brison, le critique libéral du commerce, est peut-être même illusoire.
Le dossier sur le bois d'oeuvre a clairement démontré que le litige s'est poursuivi alors qu'au même moment, le Canada et les États-Unis négociaient avec succès deux gigantesques ententes commerciales, l'Accord sur le libre-échange, et son successeur, l'Accord sur le libre-échange nord-américain, en 1992, qui incorporait un troisième partenaire, le Mexique. Pendant toutes ces années, d'un point de vue canadien, les États-Unis ont multiplié les contestations et les mesures dilatoires afin de faire pencher la balance de son côté.
Les Canadiens auraient pu s'attendre à un entêtement du même ordre à propos du Buy America Act. L'atteinte d'un résultat positif, même tardif, ne nivelle par pour autant tous les accrocs bilatéraux du Buy America Act, et ne fait qu'entrouvrir, en réalité, l'enveloppe de 787 milliards $ vouée à des mesures de stimulation de l'économie américaine.
Mais l'entente conclue hier démontre justement qu'il est possible de s'accorder avec les États-Unis, tout en essayant de prévoir les coups pour l'avenir.










