Déjanter le calendrier

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Pierre Bergeron
Le Droit

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a ouvert une boîte de Pandore.

Elle vient de publier dans la Gazette officielle du Québec un projet de règlement qui, pour des raisons de flexibilité touchant surtout la formation professionnelle et l'éducation des adultes, calculerait l'année scolaire en nombre d'heures plutôt qu'en nombre de journées.

Ainsi, plutôt que d'aller à l'école 180 jours par année, les élèves recevraient de 900 à 1000 heures de cours, possiblement en fin de semaine.

 

Ce qui, en apparence, ressemble à un simple ajustement ne l'est nullement. En principe, des «activités éducatives» comme en éducation physique pourraient se tenir la fin de semaine.

Il n'en fallait pas plus pour que les barricades s'érigent avant même que la ministre ait pu s'expliquer sur cette réforme du calendrier pédagogique.

Or, cette dernière aurait pu être beaucoup plus transparente sur les intentions de son ministère, bien que les réactions de ses principaux interlocuteurs auraient probablement été identiques.

Ainsi, le ministère voudrait ajouter plus de souplesse et de flexibilité dans le calendrier scolaire afin de contrer le décrochage et privilégier la performance. Pas question, semble-t-il, de toucher au primaire.

En outre, les conventions collectives, dans le privé et le public, stipulent que l'enseignement se fait du lundi au vendredi.

Vives réactions

Parmi les réactions à ce projet de modification, celle de la Fédération des syndicats de l'enseignement assimile au «discours patronal» les mots «souplesse et flexibilité». Est-ce à dire que rigidité et inflexibilité font partie du discours syndical?

Nul doute que de tels changements ne peuvent être envisagés sans toucher aux conventions et que les syndicats vont défendre bec et ongle le statu quo.

C'est tout à fait compréhensible et c'est leur devoir de le faire.

Il en sera de même pour la Fédération des commissions scolaires qui n'en a jamais demandé l'implantation.

Attitude similaire à la Fédération des comités de parents, où tout changement d'horaire a d'énormes répercussions sur la conciliation travail-famille.

Déjà, par manque de transparence, le bébé de la réforme du calendrier est mort-né avant même qu'il n'ait été conçu.

Vigilance ou paranoïa ?

 Il y a une ligne très fine entre vigilance et paranoïa.

La campagne de publicité de Transport Canada à la Société des transports de l'Outaouais (STO) et OC Transpo pour sensibiliser les usagers à la menace terroriste penche plus vers la seconde que la première.

On convient que le terrorisme peut frapper partout sur la planète, aveuglément et sans avertissement.

De là à extrapoler que nous sommes tous menacés, il n'y a qu'un pas que Transport Canada franchit allègrement.

Les publicités sont efficaces et bien conçues. Atteindront-elles leur but? Probablement au point de paralyser les réseaux lorsque le moindre colis oublié deviendra une bombe en puissance.

Il serait intéressant d'étudier tous les appels à la bombe ou les évacuations pour cause de colis suspect dans la région au cours des 50 dernières années.

Combien d'entre eux se sont avérées justifiées?

Nos sociétés de transports seraient mal avisées de lever le nez sur les revenus publicitaires de Transport Canada.

En jouant à la peur d'avoir peur, elles concèdent cependant une victoire de plus à ceux qui en font une arme de guerre.

 

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