Mais, au bout du compte, aucun des partis d'Opposition ne veut assumer la responsabilité de défaire le gouvernement minoritaire et de précipiter le pays en élection sur cette question.
En clair, pour faire face au déficit, le gouvernement n'avait pas d'autre choix que de poursuivre son programme de stimulus économique, tout en sabrant dans ses dépenses. Et le fait de ne pas augmenter les impôts et de ne pas réduire les paiements de péréquation versés aux provinces joue en sa faveur.
Toutefois, des pommes de discorde opposent toujours Ottawa et Québec, alors que le gouvernement Charest réclame une compensation de 2,2 milliards $ pour l'harmonisation de sa TVQ à la TPS. Le budget fédéral reste muet à ce chapitre. Pourtant, Ottawa a accepté de verser six milliards de dollars à l'Ontario et à la Colombie-Britannique pour harmoniser les deux taxes. Des négociations sont en cours entre Québec et Ottawa à ce sujet.
Le fédéral souhaite aussi mettre sur pied un organisme pancanadien de réglementation des valeurs mobilières, ce à quoi s'oppose farouchement l'Assemblée nationale. Le dossier est devant les tribunaux.
Le budget rendu public hier par le gouvernement conservateur pave donc la voie à une période d'austérité au cours de laquelle les dépenses de l'État seront scrutées à la loupe puis comprimées.
Le premier ministre Stephen Harper espère que cet exercice budgétaire, conjugué à l'injection de 19 milliards $ dans des projets de relance économique et de réduction d'impôts, seront suffisants pour permettre au fédéral de se sortir du bourbier du déficit tout en stimulant suffisamment l'économie pour soutenir une reprise.
Mais il est clair que le retour à l'équilibre budgétaire passe par une réduction des dépenses - 17,6 milliards $ sur cinq ans - un objectif réaliste selon certains experts.
Tous les ministères seront mis à contribution à l'exception du ministère de la Défense, dont le budget continuera d'augmenter. Mais le gel du budget de l'aide internationale - une économie de 4,5 milliards $ sur cinq ans - fera grincer des dents et provoquera assurément des réactions dans les agences gouvernementales concernées, au sein des ONG et à l'étranger.
Par ailleurs, les autres mesures d'austérité qui seront imposées dans l'appareil gouvernemental créeront de l'insécurité dans la région de la capitale nationale et ailleurs au pays, alors que des dizaines de milliers de fonctionnaires et les syndicats qui les représentent seront aux aguets, le temps de mesurer l'impact des décisions budgétaires fédérales.
La décision de ne pas reconduire le crédit d'impôt pour la rénovation domiciliaire est à notre avis une erreur. Ce programme a permis l'injection de centaines de millions de dollars dans l'économie. Quelque 4,6 millions de familles au pays en ont profité, des provinces ont lancé des programmes similaires et des entreprises privées ont à leur tour initié des programmes incitatifs pour favoriser la rénovation domiciliaire. Il aurait été simple et efficace de le prolonger d'un an.
En contrepartie, la reconduction de l'appui financier du fédéral au programme « À nous le podium » s'imposait à la lumière des succès remportés par le Canada aux Jeux olympiques de Vancouver. Globalement, la fin des mesures temporaires annoncées par le gouvernement pour contrer la récession lui permettront de couper son déficit de moitié d'ici cinq ans.
Les autres économies découleront des mesures de compressions qui seront appliquées au cours des prochains mois.
Il reste maintenant à savoir si les conservateurs seront vraiment en mesure de les réaliser.
Sinon, le véritable test électoral pourrait survenir lors du dépôt du budget 2011.










