Bien sûr, les scandales d'abus sexuels sur des mineurs ne se limitent pas aux ministres des Églises chrétiennes. On trouve des pédophiles dans tous les secteurs de la société. Aucune profession ou métier n'y échappe complètement, et chaque cas rejaillit sur le milieu ou l'organisation qui abrite ces individus. Et que dire des milliers et milliers de victimes, qui resteront marquées à vie par ces criminels. Pour l'Église catholique, qui a érigé la chasteté en quasi-dogme, les effets de ces scandales sont dévastateurs.
Un psychologue qui a fait l'évaluation de séminaristes pour l'Archevêché de Montréal a constaté une présence accentuée de troubles psychologiques et de problèmes d'identité, y compris d'identité sexuelle. Le célibat imposé rend la prêtrise attrayante à certains jeunes hommes qui espèrent y trouver un frein à leurs impulsions sexuelles troubles ou illicites, dit-il. Or la réalité est tout autre et, un jour ou l'autre, l'occasion fera le larron.
Quant aux prêtres hétérosexuels, une forte proportion abandonne carrément le célibat et la prêtrise. Le Vatican reconnaît avoir perdu ainsi plus de 60 000 prêtres depuis les années 1960. La plupart sont mariés et ont fondé des familles. Selon la Fédération internationale des prêtres catholiques mariés, c'est plutôt 100 000. Et un grand nombre de ceux qui restent prêtres - plus de 50 % dans certains pays - ont une relation de couple en cachette. Ici comme ailleurs, des prêtres et des évêques en nombres décroissants réclament en vain du Vatican qu'il révise sa politique sur le célibat.
L'ouverture de la prêtrise aux hommes mariés et aux femmes, célibataires ou mariées, ne touche en rien aux dogmes de l'Église catholique. Ces règles relèvent exclusivement de sa discipline interne et le pape pourrait, du jour au lendemain, les modifier. L'Église tolère déjà des exceptions avec l'acceptation, pour des motifs douteux, de prêtres anglicans mariés. La porte est néanmoins entrouverte.
La présence d'hommes mariés et de femmes prêtres serait salutaire pour l'Église catholique. La reconnaissance - enfin ! - de l'égalité des femmes et du droit à une vie sexuelle normale pour tous les prêtres n'éliminera pas tous les abus. Elle favorisera cependant un milieu plus sain, à l'image de la société que l'Église veut desservir.
Les «?super-infirmières?»
L''attitude de Québec est incompréhensible dans le dossier prioritaire de la formation d'infirmières praticiennes, ces «?super-infirmières?» ayant le droit de prendre certaines décisions médicales sans avoir à consulter un médecin. Dans un contexte de pénurie grave de médecins omnipraticiens, avec lesquels elles formeront un partenariat, les infirmières praticiennes répondront à des besoins de première ligne dans les urgences, CLSC, et groupes de médecine familiale. Elles sont formées pour diagnostiquer, soigner, suivre, et même prescrire des médicaments.
En Ontario, elles sont 1240. Au Québec, 59 seulement?! L'Université du Québec en Outaouais en forme présentement quatre, mais n'accepte plus de nouvelles candidatures faute de fonds. Or, le problème de financement de ce programme de maîtrise se pose depuis au moins cinq ans. Québec a décidé d'en faire une priorité en 2007 et, encore, rien n'a débloqué. Ces «?super-infirmières?» sont et resteront une pièce essentielle du casse-tête de la santé. Le gros bon sens dicte qu'on y mette des sous.










