Dans les deux cas, les coûts prévus tournent autour de 80 millions$. Cela représente presque trois fois les 28 millions$ budgétés dans le projet avorté de rénovation de l'aréna Robert-Guertin, il y a un an.
Cette première proposition a été défaite par une intervention de la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, qui a refusé d'embarquer le Québec dans une aventure qui était partie tout croche. Ce partenariat public-privé avec les Olympiques de Gatineau avait court-circuité une étape préalable de tout projet gouvernemental d'envergure, l'appel d'offres.
Aujourd'hui, rien n'est plus avancé, comme le décriait le propriétaire majoritaire des Olympiques, Alain Sear. «Rien n'a bougé depuis un an», confiait-il dans notre édition du 23mars dernier. Hier, c'était au tour du partenaire de M.Sear, le constructeur Raymond Brunet, de s'interroger sur l'immobilisme du dossier. Il se demandait pourquoi la Ville de Gatineau n'avait tout simplement pas amorcé le processus d'appel d'offres comme le maire Bureau s'était engagé à le faire au printemps 2009.
En réalité, il n'est pas vrai que rien n'a bougé. Il y a eu plusieurs développements. Ce qui est vrai, c'est que le maire Marc Bureau et les Olympiques ne sont pas plus près d'inaugurer une nouvelle patinoire d'envergure pour Gatineau.
Depuis le revers du printemps 2009, le maire Bureau a été réélu en promettant que le nouveau centre Guertin serait ouvert à l'automne 2011. Il a depuis concédé que cet échéancier ne pourrait être respecté. Le maire et son conseil ont aussi changé leur fusil d'épaule. Il n'est plus question d'une rénovation de l'aréna de la rue Carillon, mais de la construction d'une nouvelle patinoire de 5000 sièges. Et au centre-ville, à proximité du futur corridor de transport urbain Rapibus.
Celasemble mettre sur la touche Gilles Desjardins dont la suggestion souffrait du même mal que le PPP débouté en 2009: projet non sollicité, aucun appel d'offres. C'est mal parti.
Côté financement, le portrait n'est peut-être pas aussi sombre que ne le laissait entendre Norm MacMillan, le ministre responsable de l'Outaouais au sein du gouvernement libéral, dans notre édition du 3juillet. «On n'a plus une cenne à Québec», avait lancé le coloré ministre, qui n'est pourtant pas contre l'idée d'une patinoire à Gatineau, grand amateur de hockey comme il est. Mais rappelons-nous qu'il y a moins de 10 semaines, le premier ministre Jean Charest avait confié que son gouvernement «serait à l'écoute» et verrait «si on peut aider à le réaliser». Ce n'est pas une porte aussi fermée que ne le laisse entendre M.MacMillan.
Au fédéral, le ministre Lawrence Cannon n'a pas non plus tourné le dos à une proposition municipale, hier.
Tant M.Charest que M.Cannon ont toutefois été clairs: la Ville de Gatineau doit ajuster ses flûtes et se ranger derrière un projet, et un seul, derrière lequel s'est bâti le plus large consensus possible. Les Olympiques de Gatineau, principal locataire de l'édifice, doivent appuyer l'initiative municipale et, idéalement, devraient compter parmi les investisseurs financiers.
Le conseil municipal est maintenant entré dans sa pause estivale. Mais le travail ne doit pas s'arrêter. Chaque mois gaspillé au début repousse la date d'ouverture de plus d'un mois à la fin. Les tergiversations doivent cesser. Si le maire Bureau et les conseillers croient fermement à leur projet, ils doivent rallier avec eux les partenaires et l'opinion publique. Encore là, il s'agit d'une affaire de leadership, un grand test pour les élus gatinois, le maire Bureau le premier.










