Charlebois et les conseils scolaires

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Charlebois et les conseils scolaires

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Jeanne Charlebois, mairesse de Hawkesbury

Archives Le Droit

Le sujet est clos

À Nathalie Ladouceur, présidente, ACFO Prescott et Russell,

Je tiens d'abord à vous remercier pour vos commentaires éclairés sur le fait français et le ton positif de votre message («Fusion des conseils scolaires», LeDroit, 23mars).

À la suite de la relecture de votre correspondance, je me suis attardée sur votre questionnement et sur les faits que vous avez apportés. Pour moi, la réalité francophone hors Québec, non seulement en Ontario mais à travers le Canada, sera toujours présente car la lutte constante de tous ces francophones a préservé leur langue et leur culture à ce jour.

 

Soyez assurée qu'en aucun temps je n'ai voulu offusquer qui que ce soit ou paraître «désinvolte» par mes propos.

Vivant dans une société démocratique, il est important de pouvoir émettre librement ses opinions quitte à ce que des gens ne soient pas toujours d'accord... Pour être participante à cette démocratie, il ne faut pas avoir peur de poser des questions ou de dire ce que l'on pense, comme lors du forum auquel je fais référence ci-après. C'est ainsi que d'une question à l'autre, on suscite une réflexion auprès de la population, telle que votre lettre a su le faire pour moi.

Lors de la période de questions et réponses du forum de délégués municipaux avec les membres du cabinet provincial à Toronto le mois passé, dans le cadre de la conférence Ontario Good Roads, j'ai émis une opinion personnelle concernant un moyen potentiel d'économiser des argents publics.

Quatre conseils scolaires vis-à-vis un conseil scolaire: secteur anglophone et secteur francophone. Le vice-premier ministre George Smitherman a répondu que ce sujet avait été débattu lors de la dernière élection provinciale et que la population s'était prononcée à cet effet en élisant notre gouvernement majoritaire. Pour moi, s'était clair, le sujet était clos.

Jeanne Charlebois,

mairesse de Hawkesbury

Les enfants de l'avenir

La mairesse de Hawkesbury vient de lancer l'anathème qui bientôt anéantira l'Ontario français.

La disparition du système scolaire catholique approche, et avec elle celle des systèmes francophones.

Rappelons l'origine de cette gestion scolaire francophone séparée: elle est exactement calquée sur celle du système catholique, instauré petit à petit tout au cours des xixe et xxesiècles, lui-même modelé par le système scolaire catholique américain, tel que prescrit par les conférences épiscopales de Baltimore.

La séparation scolaire catholique d'Ontario est la mal-aimée des Nations Unis, et le terme de Benoît XVI en sonnera le glas. Comme le Titanic, qui sombra en une certaine année 1912 d'apparition mariale, l'école catholique périra et emportera dans son naufrage l'école francophone. Les sinistrés du Règlement XVII vont bientôt s'entre-déchirer à son sujet jusqu'à ce que mort s'en suive, comme leurs cousins franco-américains, il y a de cela trois quarts de siècle.

La crise sentinelliste s'y répète, mais à l'envers, au nom de la laïcité, plutôt que du catholicisme. De Montfort, au Mont-Providence, à l'affaire de Providence, LeDroit n'a-t-il pas eu un certain Franco-Américain de New Bedford, Foisy, comme directeur, à l'époque de cette crise oubliée qui précipita la création des États généraux du Canada français, et qui débuta exactement au moment de la suspension du Règlement XVII?

Rappelons que le Règlement XVII procéda du refus des Franco-Ontariens de participer aux efforts des guerres de notre confédération canadienne et de l'Empire, tandis que la moitié de la jeunesse anglo-québécoise périt au front pour sauver nos libertés, et qu'autant de Franco-Américains se portèrent volontaires que de Canadiens from coast to coast.

C'est pour tout cela que Québécois et Quebeckers forment une nation au sein de la nation canadienne, sa pierre angulaire, et que les Franco-Ontariens seront vite oubliés.

Jean-Pierre Latour, professeur,

Faculté de droit,

Université d'Ottawa

 

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