Les opportunités de la crise

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Les opportunités de la crise

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Archives, La Presse

Je doute que l'on mesure bien l'inquiétude face à l'avenir du secteur forestier. Elle n'en finit plus de s'enliser cette crise qui affecte ce qui était il n'y a pas si longtemps le fer de lance de notre économie, au point qu'il est à se demander si, à terme, il subsistera une industrie digne de ce nom!

C'est donc dire si les attentes des communautés sont élevées en ce qui a trait aux travaux de l'équipe spéciale Canada-Québec pour le secteur forestier. L'annonce récente d'investissements alloués principalement à la sylviculture est une bonne nouvelle, dans la mesure où elle permet le maintien d'emplois en forêt cet été. S'il s'agit d'un signal longtemps attendu de la part du fédéral, des mesures beaucoup plus significatives devront cependant suivre très rapidement.

 

Et si cette crise sans précédent était en fait une opportunité de revoir de fond en comble nos façons de faire? Voici quelques suggestions qui témoignent des réflexions des communautés régionales sur ce que devrait être le nouveau régime forestier:

1 - Se tourner vers la valeur ajoutée et les activités de deuxième et troisième transformations, qui présentent une meilleure perspective d'avenir, en plus de créer davantage d'emplois. Pour ce faire, il faudra créer des centres de recherche et développement en région;

2 - Mettre en place le concept de forêt de proximité qui, à l'exemple des forêts communales françaises, garantit aux communautés rurales une opportunité de gérer la forêt publique à proximité de leur territoire, tout en leur assurant une part appréciable des retombées de l'exploitation des ressources;

3 - Faire la promotion de l'utilisation du bois dans les édifices publics;

4 - Développer l'ensemble des potentialités non ligneuses de la forêt activités récréotouristiques incluses mais aussi les autres produits tels que les bleuets, les champignons, les herbes médicinales,etc;

5 - Reconstruire notre fierté de la forêt, en s'appuyant sur les nouvelles technologies pour relancer ce secteur d'activité et donner le goût aux jeunes d'en faire une carrière.

Autant de pistes de solution qui doivent être soutenues de façon musclée par Québec et Ottawa, très rapidement.

Les attentes sont élevées. C'est rien de moins qu'une révolution forestière qui est préconisée. À terme, il s'agit toutefois sans doute de la seule voie à suivre si l'on veut rescaper ce secteur d'activité et, du même coup, les centaines de municipalités dont l'économie dépend essentiellement de la forêt. Des municipalités qui souhaitent non seulement assurer leur pérennité, mais aussi apporter leur pleine contribution au développement du Québec.

Bernard Généreux,

Président,

Fédération québécoise des municipalités

 

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