Répéter un mensonge pour qu'il devienne réalité

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Répéter un mensonge pour qu\'il devienne réalité

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Guy Lauzon

La Presse Canadienne

Au cours des derniers mois, la lecture de la chronique hebdomadaire de mon député fédéral de Stormont-Dundas-South Glengarry, Guy Lauzon, me rappelle les premières 28 années de ma vie, années vécues sous le régime communiste en Roumanie. Après 37 ans vécus au Canada, dont le haut degré de démocratie est mondialement reconnu et après la démolition du mur de Berlin signifiant la disparition du régime communiste, je croyais que le type de propagande typique pour les régimes totalitaires était disparu à jamais. Il s'agit d'une technique qui consiste à répéter continuellement un mensonge et espérer que, à moyen et à long terme, le mensonge devient, dans l'imaginaire populaire, une réalité.

Depuis des mois, Guy Lauzon profite de l'espace qui lui est démocratiquement réservé dans le journal Seaway News pour répéter ad nauseam que Michael Ignatieff s'est engagé à augmenter les taxes et les impôts et qu'il est le père de la taxe sur le carbone. Pour donner l'impression que ses affirmations sont vraies, il interprète hors contexte les propos tenus par Ignatieff ou encore utilise des références qui datent de 1991, quand Ignatieff était à des années lumière de l'arène politique.

Sous le régime autocratique de Stephen Harper, le débat d'idées ayant pour objectif l'avancement du Canada et le bien-être des Canadiens a été remplacé par la propagande mensongère et les attaques personnelles. Le manque de transparence, le manque de dialogue et de consultation, et l'obscurantisme idéologique ont remplacé le débat démocratique, le dialogue et le respect dû aussi bien au peuple qu'à ceux qui, démocratiquement élus, ont le malheur de ne pas représenter le parti au pouvoir. Entre le "My way or the highway", qui constitue la ligne de conduite du gouvernement Harper et l'unique vérité d'un gouvernement totalitaire, la différence est de moins en moins perceptible.

J'aurais préféré que Guy Lauzon utilise l'espace que lui réserve, avec raison, les medias, non pas pour la propagande mensongère et pour les attaques partisanes, mais plutôt pour dialoguer avec ses commettants et pour expliquer la vision et les actions du gouvernement qu'il représente.

Ainsi, j'aurais préféré qu'il explique à la population qui l'a élu les mystères économiques qui transforment le surplus budgétaire annoncé en pleine crise économique, au mois de novembre 2008, en un déficit de 34 milliards$ deux mois plus tard et de 50 milliards$ six mois plus tard. Ou encore qu'il explique à la population, y compris nos concitoyens mohawks, la position de son gouvernement concernant le poste de frontière de Cornwall, qui a un impact économique et social sur l'ensemble de la circonscription. Il pourrait aussi nous éclairer sur la situation des isotopes radioactifs, qui inquiète plusieurs de nos concitoyens. Comme électeur francophone, j'aimerais comprendre pourquoi le gouvernement conservateur et lui-même se sont opposés à la loi qui prévoyait la nomination des juges bilingues à la Cour suprême du Canada. Et la liste pourrait s'allonger encore.

Je demande à mon représentant de faire preuve de courage et de prouver à ses électeurs qu'ils se trompent et qu'il est un vrai démocrate qui fait autre chose qu'être présent à des événements pour présenter des chèques et serrer des mains. J'aimerais qu'au nom de la démocratie, qui lui permet de nous représenter à Ottawa, qu'il nous consulte, qu'il nous écoute et qu'il porte au Parlement canadien nos idées et nos problèmes. Car, comme dans toute vraie démocratie, c'est nous qui voterons aux prochaines élections.

Pour finir, j'aimerais lui rappeler que, depuis toujours, l'histoire a eu un malin plaisir à enterrer les régimes totalitaires.

Corneliu Kirjan,

Cornwall

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