Les policiers répondent au maire Bureau

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Les policiers répondent au maire Bureau

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Aux élus de Gatineau,
La présente fait suite à la déclaration récente du maire de Gatineau, Marc Bureau, à l'effet qu'il n'entendait plus négocier avec les représentants des travailleurs policiers de la Ville de Gatineau sous prétexte que leur cahier de demandes coûtait plus de 32000000$, ce qui équivaudrait à une augmentation de près de 100000$ par policier.

Devant de tels propos, qui s'avèrent selon nous carrément excessifs, frôlant même le ridicule, nous considérons qu'il est indispensable de venir les rectifier en rappelant certains faits pertinents.

D'abord et avant tout, précisons que, dans un esprit d'ouverture, nous avons tenté, en vain, d'obtenir les calculs effectués par la Ville de Gatineau pour arriver à de telles conclusions. À titre d'exemple, nous lui avons demandé de nous signifier la demande la plus coûteuse afin d'amorcer les discussions par celle-ci.

Soulignons, de plus, que seulement 10% de notre cahier de demandes contient des demandes de nature monétaire. La majorité de nos demandes visent des points fondamentaux pour les policiers, tel que des demandes relatives à leur protection, notamment la mise en place de patrouilles à deux policiers au lieu d'un seul comme partout ailleurs au Québec, à la clause de promotion et à la clause de mutation. Ces demandes ne doivent pas être écartées et mourir dans l'oeuf sous le prétexte que d'autres demandes s'avèrent trop coûteuses aux yeux du maire.

Mauvaise interprétation

Quant aux demandes de nature monétaire, nous croyons que la Ville fait une mauvaise interprétation de plusieurs d'entre elles. À titre d'exemple, nous demandons deux postes de lieutenant pour les points de services d'Aylmer et Buckingham, car ils en sont dépourvus et les affectations sont présentement comblées par des postes d'inspecteurs. Or, la Ville calcule cette demande sur la base de la création de deux postes, alors qu'il s'agit plutôt d'une rétrogradation, ce qui entraîne non pas une augmentation des coûts, mais bien une économie récurrente de 50000$.

Il est également important de se rappeler un principe essentiel qui se situe à la base de toute procédure de négociation: un cahier de demandes est un point de départ et non une réclamation définitive. Il constitue la base sur laquelle est appelé à se dérouler un échange entre les deux parties à la négociation. Il présente les enjeux de cette négociation. Dans ce contexte, certaines clauses peuvent être revues et des aménagements peuvent être faits à d'autres. À titre d'exemple, quelques demandes, ayant le même objectif peuvent être jumelées, tel que la demande relative à la prise de congé par les patrouilleurs, qui sont présentement dans l'impossibilité de prendre congé en raison d'un ratio de 20%. À cet effet, notre cahier prévoit soit d'augmenter le ratio ou de monnayer le congé. Comme il s'agit de deux solutions différentes pour un même problème, nous avons explicitement signifié aux représentants de l'employeur que nous devions trouver une solution et non calculer le coût de ces deux demandes.

Rien fait

En terminant, nous désirons attirer votre attention sur le fait que M.Bureau et la Ville de Gatineau n'ont rien fait pour favoriser la négociation sur le renouvellement de la convention collective.

En effet, M.Bureau s'est empressé de demander le recours à l'arbitrage de différends, et ce, après seulement 10 séances de négociation. De ce fait, il a carrément passé outre une étape fondamentale du processus de négociation: la médiation. Il a de plus, intenté des recours juridiques inutiles contre les membres de la Fraternité, le tout dans le but de les museler et servir ses propres intérêts politiques, et ce, au détriment des contribuables. À ce jour, les tribunaux nous ont d'ailleurs donné gain de cause. Nous croyons fermement que les sommes ainsi dépensées auraient été mieux investies dans le renouvellement de la convention collective.

De plus, rappelons qu'au mois de décembre 2008, alors que nous avions initié une nouvelle discussion, une entente est survenue dans le but de résoudre l'impasse de la négociation et pour régler la question de l'escouade des gangs de rues. Cette entente, qui a été rejetée par le Comité de la Ville de Gatineau, aurait permis un retour à la paix industrielle puisque la Fraternité et ses membres s'y engageaient à cesser tout moyen de pression.

Or depuis, il n'y a eu aucune négociation, nous sommes rendus à l'étape de l'arbitrage de différends et le maire nous dit maintenant qu'il ne veut plus poursuivre car nos demandes sont excessives et trop coûteuses.

En espérant que ces informations viendront rétablir les faits une fois pour toutes et jeter un nouvel éclairage, plus positif, sur cette situation des plus malheureuses.

Rock Legault,

Président,

Fraternité des policiers et policières de Gatineau

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