Les universités peuvent aider les gouvernements

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Selon le recteur de l'Université d'Ottawa, Allan Rock,... (Archives Le Droit)

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Selon le recteur de l'Université d'Ottawa, Allan Rock, les universités regorgent de talents capables d'aider nos gouvernements à faire face aux difficultés d'aujourd'hui.

Archives Le Droit

Le Canada d'aujourd'hui fait face à d'innombrables défis complexes pour lesquels il faut mettre en place des idées nouvelles et des politiques publiques novatrices. Qu'il s'agisse de la grippe H1N1, de la récession mondiale, de la guerre en Afghanistan ou des changements climatiques, de nombreux enjeux pressants interpellent partout au pays les représentants de tous les paliers de gouvernement.

Par conséquent, il importe plus que jamais que les leaders et les décisionnaires aient accès à des politiques réfléchies et bien articulées.

 

Il existe déjà de bons modèles de collaboration entre gouvernements et universitaires pour traiter de dossiers politiques clés tels l'immigration, la pauvreté, les soins de santé, les nouvelles technologies et bien d'autres encore.

Il faut souligner également que certains organismes ont fait de précieux apports pour le bien collectif.

Ainsi, le Forum des politiques publiques organise régulièrement des conférences, débats, tables rondes et ateliers. Il dirige en outre des travaux de recherche inédits, tout ça dans l'optique de son engagement à favoriser une saine gestion gouvernementale, des politiques publiques vigoureuses et de solides institutions démocratiques dans tous les secteurs de la société. De son côté, l'Institut de recherche en politiques publiques a aussi fait de grands efforts pour améliorer les politiques publiques, que ce soit en stimulant la recherche ou en proposant des éclairages différents et des débats animés pour rehausser tout le processus décisionnel et resserrer la qualité des décisions dans ce domaine. Par ailleurs, grâce aux Petits-déjeuners sur la Colline qu'elle organise depuis 10 ans, la Fédération canadienne des sciences humaines a réussi à rapprocher les décisionnaires et les chercheurs.

Des noms

L'Université d'Ottawa, elle, regorge de richesses intellectuelles; en effet, ses universitaires se penchent sur une multitude de questions en matière de politiques publiques. Prenons, par exemple, David Castle: titulaire de la Chaire de recherche du Canada en sciences et société, il s'applique à comprendre les conséquences sociales de nouvelles sciences et technologies, dans des domaines comme la salubrité des aliments, pour engendrer des décisions et des réglementations mieux éclairées. D'autre part, David Zussman, le premier titulaire de la chaire Stephen-Jarislowsky sur la gestion dans le secteur public, a transformé les pensées sur la gestion, la gouvernance et la responsabilisation dans le secteur public. Parlons également du travail qui se fait à l'Université Carleton, où Michael Hart, de la Norman Paterson School of International Affairs, s'attaque aux défis stratégiques associés aux échanges et à la mondialisation, et où Susan Phillips et Les Pal, de la School of Public Policy and Administration, examinent les politiques et la réglementation publiques.

Ce n'est là qu'un mince échantillon des experts sur lesquels nous pouvons compter... pas plus loin qu'ici même à Ottawa.

D'ailleurs, partout au Canada, les universités présentent des succès semblables. Grâce à la pensée critique et à la recherche indépendante qui caractérisent les universités canadiennes, celles-ci jouent un rôle indispensable pour développer des idées et alimentent ainsi un processus d'élaboration de politiques publiques à la fois ouvert et rigoureux.

À la lumière de mon expérience comme ancien ministre fédéral et maintenant comme recteur, je crois sincèrement que nous avons, dans les universités canadiennes, une chance inouïe de créer des politiques publiques efficaces, dynamiques et avant-gardistes. Nous nous devons d'instaurer au Canada une tradition de collaboration constructive entre campus et cabinet, comme cela existe dans d'autres pays.

Nos universités se classent parmi les meilleures au monde et, disséminés aux quatre coins de nos campus, se trouvent des spécialistes de tous les principaux enjeux. Mais nous n'exploitons pas à fond ce bassin de grands esprits.

Sans aucun doute, nous pouvons et devons faire mieux.

Pour tirer profit au maximum de ce vaste bassin de connaissances, nous devons transformer la culture à tous les paliers du gouvernement, comme dans les universités. Pour que le Canada puisse affronter vigoureusement les problèmes pressants et émergents du xxiesiècle, il faut mettre fin au discours en vase clos sur les politiques publiques et tisser des liens de communication solides entre tous ceux et celles qui y travaillent.

Un dialogue

Les universités autant que les gouvernements doivent se demander comment ils peuvent à la fois faire preuve de plus d'ouverture et devenir plus efficaces. On pourrait proposer un plus grand nombre d'échanges entre eux et de détachements comme point de départ, par exemple. Mais ce qui prime, en ce moment, c'est l'amorce d'un dialogue national sur la façon de reconnaître nos forces complémentaires et d'établir des contacts solides et soutenus.

Heureusement, ce dialogue est entamé.

Aujourd'hui et demain, l'Université d'Ottawa sera l'hôte du Dialogue national des recteurs, un symposium national où je me joindrai aux présidents/recteurs de quatre autres universités canadiennes (Alberta, Montréal, Waterloo et Winnipeg) pour étudier le rôle du secteur universitaire canadien dans l'élaboration de politiques gouvernementales touchant, entre autres, les affaires étrangères, les affaires autochtones, l'économie, la santé et l'environnement.

Peu importe la grande question qui retient notre attention, il importe d'analyser ce qu'en font aussi d'autres pays. Notre conférencier d'honneur, le secrétaire d'État adjoint James B. Steinberg, des États-Unis, nous décrira comment il est lui-même passé du milieu universitaire au Secrétariat d'État et nous parlera de la tradition du dialogue intellectuel dans son pays. Nous accueillerons en outre les plus grands spécialistes canadiens des secteurs public et universitaire non seulement pour étudier la façon dont les universités peuvent contribuer systématiquement à l'élaboration de politiques, mais aussi pour proposer les manières de favoriser ces contributions et formuler des recommandations à l'intention des universités et des gouvernements.

Les défis auxquels nous faisons face sont à la fois immenses et pressants, d'où le besoin de puiser dans toute la force intellectuelle dont nous disposons. C'est le temps de passer aux actes. Le changement s'impose dès maintenant.

Allan Rock,

recteur et vice-chancelier,

Université d'Ottawa

 

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