Mais cette faim ne semble jamais apaisée. À l'ère de l'efficacité, ne devrions-nous pas être consternés par le fait que plus on donne, plus on est appelés à donner davantage? Il ne faudrait pas se méprendre, la question ne se veut pas une boutade de droite. Plutôt, il serait nécessaire de constater que de faire un grand cas d'une faim incessante, un symptôme aigu de pauvreté, démontre à quel point la demande pour ces services de dépannage semble mal comprise. En plus, le discours entourant l'événement dérape en entretenant une confusion dangereuse, faisant l'amalgame entre insécurité alimentaire et pauvreté.
Pour aider ceux qui en arrivent à avoir faim, il faut plutôt aller au-delà de ce que la pauvreté démontre. L'enfance alors? Oui, pour faire un clin d'oeil aux politiciens fédéraux et souligner le 20e anniversaire de leur résolution d'enrayer la pauvreté d'ici l'an 2000. Surtout pour tout ce qui l'enveloppe. La famille, des plus jeunes aux plus âgés, et les façons avec lesquelles celle-ci s'immisce dans le quotidien. Par l'emploi et les salaires, un accès au logement, aux soins de santé, l'éducation, sans oublier le réseau qui se tisse autour de ce noyau, qui inclut les organismes communautaires et d'économie sociale de tout acabit. Les raisons qui mènent à l'insécurité alimentaire se trouvent alors au revers: décrochage scolaire, précarité d'emploi, chômage, rente insuffisante, accès miné au logement, problèmes de santé, pathologies de tout acabit, en passant par la violence, et l'isolement social qui résulte de combinaisons diverses.
Pour ce qui est de la confusion des genres, les annonces récentes de la ministre déléguée aux Services sociaux, Lise Thériault, ne servent qu'à les entretenir et sont d'un cynisme éhonté. Pour résumer, elle y allait d'une aide d'urgence de 250000$ aux banques alimentaires le 13décembre (une première ministérielle!), suivant cette décision d'une annonce de coupures de plus de 3 millions$ destinés à des organismes d'économie sociale, le 17décembre. Évidemment, réduire la problématique entourant la pauvreté à un phénomène grandissant d'insécurité alimentaire présente des avantages certains, comme en fait foi l'arithmétique utilisée.
Il est noble qu'une communauté veuille combattre une plaie sociale. Cependant, de constater que le gouvernement provincial fait l'économie des intervenants de tout acabit qui travaillent quotidiennement à diminuer la pauvreté pour privilégier une aide ponctuelle (réduite!) liée à un service de dépannage, aussi important soit-il, est très troublant. En plus, le gouvernement dédouble sa déresponsabilisation, préférant bénéficier des efforts déployés autour de la Grande Guignolée pour ne s'en tenir qu'à verser un montant d'appoint, une fois l'effort populaire chiffré. Un financement adéquat pour ces organismes constituerait un pas dans la bonne direction.
Quant à l'image de magnanimité gouvernementale, la population n'est pas dupe.
Grands Frères et Grandes Soeurs de l'Outaouais
Le Gîte-Ami
Centre d'intervention en abus sexuels pour la famille










