Laurier Asselin goûte maintenant aux joies de la retraite. Mais en voyant les enfants rentrer à l'école ce matin, il aura grand un pincement au coeur.
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Cet ancien professeur d'éducation physique de l'école Riviera, à Gatineau, a pris sa retraite en juin dernier après 31 années d'enseignement, dont 25 ans comme responsable de la brigade scolaire. Il a d'ailleurs passé presque toute sa carrière à l'école Riviera, ayant enseigné une seule année ailleurs, à Acton Vale en Montérégie.
Originaire de Saint-Hedwidge, tout près de Roberval au Lac-Saint-Jean, M.Asselin a grandi en campagne. Ses étés, il les passait à travailler en forêt et à ramasser des bleuets. «Nous avions toujours hâte de retourner à l'école en septembre, car nous travaillions très fort durant l'été. Ce n'était pas difficile de se motiver pour aller à l'école», raconte-t-il.
Il pratiquait aussi plusieurs sports, dont le hockey et la balle-molle. C'est tout naturellement qu'il s'est dirigé vers des études en éducation physique à l'Université du Québec à Trois-Rivières.
«J'ai passé un an à Acton Vale, mais c'était un remplacement alors que je cherchais un emploi plus stable. L'occasion s'est présentée à Gatineau et j'ai obtenu rapidement un poste à l'école Riviera. Je n'ai eu aucun mal à m'adapter à la région, il y a toutes sortes de choses à faire. En plus, j'adore le golf et il y a des terrains partout dans la région», ajoute M.Asselin, qui est aussi un grand randonneur.
Penser sécurité
Même s'il était heureux dans son travail, Laurier Asselin était préoccupé par la sécurité des enfants qui fréquentaient son école.
«La personne qui était responsable de la brigade scolaire est partie et je me suis porté volontaire pour m'en occuper. C'était facile pour moi, je connaissais tous les jeunes et je pouvais déceler lesquels étaient les plus responsables.C'est un travail difficile pour les jeunes: ils doivent être présents à leur coin de rue tous les jours et par tous les temps. Ils sont là sous la pluie, au froid et au soleil. Ils ont moins de temps que les autres pour manger le midi et ils ne peuvent pas jouer aussi longtemps dans la cour d'école. Mais ça développe leur sens des responsabilités», rappelle l'ancien professeur, qui dit avoir côtoyé environ 500 jeunes brigadiers au fil des ans.
Il a gardé le contact avec certains. Plusieurs sont maintenant des adultes qui ont eux-mêmes des enfants. Via le site de réseautage Facebook, il reste en contact avec bien des gens qu'il a connus. «Ils se souviennent de moi», note-t-il avec un sourire ému. «J'ai conservé les photos de la plupart des groupes de brigadiers scolaires qui ont oeuvré à l'école Riviera au cours de toutes ces années. Ça fait drôle de regarder ça aujourd'hui.Pendant plusieurs années, les brigadiers ne portaient qu'une ceinture orange, mais ils ont maintenant un dossard très voyant qui est beaucoup plus sécuritaire. La sécurité des brigadiers eux-mêmes est aussi très importante. D'ailleurs, autrefois, les brigadiers se rejoignaient au milieu de la rue pour former une barrière protégeant les autres enfants qui traversaient. Mais ils risquaient de se faire frapper. Ils restent maintenant sur le trottoir.»
Heureusement, aucun accident grave n'est survenu durant les années où il a été responsable de la brigade scolaire. Il y a eu parfois des individus louches qui rôdaient autour des enfants, mais la police était aussitôt avertie et rien de fâcheux n'est survenu.
Parfois, certains parents étaient impatients avec les brigadiers scolaires et Laurier Asselin devait alors intervenir. «Un jour, un homme s'est mis à engueuler un brigadier parce qu'il n'était pas intervenu dans une bagarre dans laquelle avait été impliqué son fils. Je n'ai pas accepté qu'il agisse ainsi devant les jeunes et qu'il blasphème. Je me suis fâché et c'est alors qu'il a réalisé ce qu'il a fait. Il s'est excusé et m'a même remercié de l'avoir secoué. Je lui ai demandé de s'excuser auprès du brigadier et il l'a fait. Il faut défendre nos jeunes», a-t-il fait valoir.
M.Asselin a aussi participé aux activités organisées pour récompenser les brigadiers scolaires. On leur organise des sorties au lac Beauchamp en hiver, à La Ronde à la fin de l'année scolaire et des sorties au cinéma au courant de l'année scolaire.
La passion de bouger
En tant que professeur d'éducation physique, il a vécu les changements qui ont marqué la société québécoise au cours des 30 dernières années.
«On dit que les jeunes bougent moins qu'avant alors qu'ils sont aussi actifs avec nous dans le gymnase. Mais c'est à la maison qu'ils sont moins actifs. Nous, nous étions toujours dehors mais maintenant avec les jeux vidéo, les ordinateurs et tout ce qui les garde à l'intérieur , ils sont moins actifs et c'est dommage.»
Il s'est aussi investi dans la défense des droits des professeurs en oeuvrant au sein de son syndicat durant plusieurs années.
Laurier Asselin est toujours aussi passionné de sport, mais ses jambes ne lui permettent plus de marcher longtemps. Mais heureusement, au golf, il peut utiliser les voiturettes à la disposition des joueurs.
Une retraite occupée
Il entend profiter de sa retraite pour se reposer et réaliser quelques projets, mais à un rythme plus lent. «Je rénove ma maison petit à petit car je n'ai pas l'énergie pour tout faire rapidement. C'est très bien ainsi.»
«Je veux aussi éviter les endroits bruyants, car j'ai besoin de calme après toutes ces années passées dans un gymnase. C'est très bruyant un gymnase. Les enfants crient fort, alors plusieurs professeurs d'éducation physique ont des problèmes d'acouphènes (des sifflements dans les oreilles). Je veux reposer mes oreilles un tout petit peu!»
Marié et beau-père de deux enfants adultes et de trois petits-enfants (le dernier était attendu d'un jour à l'autre au moment de l'entrevue), Laurier Asselin veut maintenant profiter de sa retraite.
À 60 ans, il croit l'avoir bien mérité et il est heureux de ne plus avoir à se presser le matin. Il fait maintenant les choses à son rythme.
Vous pouvez entendre la Personnalité de la semaine ce matin, à 8h40, à l'émission Bernier et Cie animée par Carl Bernier et diffusée à la radio de Radio-Canada au 90,7 FM, ainsi qu'à 18h au Téléjournal Ottawa-Gatineau présenté par Michel Picard à la télévision de Radio-Canada.
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