Alain Fredette l'admet volontiers, il a le beau rôle en tant que président du Festival de montgolfières de Gatineau.
Le succès de l'événement qui a attiré un nombre record de 255000 visiteurs durant la fin de semaine de la fête du Travail est dû, insiste-t-il, à la directrice du festival, Brigitte Michaud et aux milliers de bénévoles qui se dépensent sans compter pour leur festival.
Mais dans toute organisation, ça prend un rassembleur et c'est le rôle que joue M.Fredette depuis qu'il est devenu président du conseil d'administration, en mars 2006. Membre du conseil d'administration depuis 2002, Alain Fredette a traversé avec l'équipe des périodes plus difficiles qui lui font encore plus apprécier les succès des dernières éditions.
«En 2006, le festival traversait une crise avec le départ du directeur général et de plusieurs personnes de l'organisation. Ce n'était pas plaisant et le rôle de président n'était pas très agréable à tenir mais nous sommes allés chercher de nouvelles personnes passionnées et qui voulaient s'engager. C'est le genre d'équipe que je voulais rassembler», raconte le président.
Un entrepreneur bien connu
Connu dans le monde des affaires, Alain Fredette a fondé la compagnie Fredal (spécialisée dans l'équipement de bureau) dont son fils, Étienne, est maintenant propriétaire.
Il a aussi été président de la Chambre de commerce de Gatineau à deux reprises. «J'aime être actif. Je me suis impliqué dans l'organisation du hockey lorsque les enfants étaient plus jeunes et j'ai aussi été président de l'Association des jeunes professionnels de l'Outaouais en 1982. Avant d'oeuvrer au conseil d'administration du festival de montgolfières, je m'intéressais déjà à l'événement et j'y participais tous les ans. Je suis devenu membre du conseil d'administration en 2002, au moment où la nouvelle Ville de Gatineau prenait forme, et cela a occasionné de grands changements au festival.»
«La corporation du festival devenait autonome et cessait d'être une bibitte de la ville. Ça m'intéressait de relever ce défi-là et la chambre de commerce suivait la situation de près en raison de l'importance du festival. C'est intéressant de se greffer à un événement qui connaît autant de succès», ajoute-t-il.
Mais la transition ne s'est pas faite en douceur.
«On voulait changer des choses et les élus qui avaient toujours été associés de près au festival, ne voyaient pas cela du même oeil que nous. Ce fut aussi très émotif car il a fallu remplacer le fondateur et directeur du festival, Jean Boileau, qui vivait un deuil à la suite du décès de sa fille, lors d'un accident de montgolfière, l'année précédente. Jean est un grand homme qui a fait beaucoup pour la région. Il a créé ce festival et ne s'est pas découragé même si lors de la première édition, en 1988, il a plu beaucoup et qu'aucune envolée n'a eu lieu. Nous voulions ramener Jean dans le giron du festival mais il fallait qu'il soit prêt lui aussi. En 2007, nous avons créé le prix Jean Boileau qu'il a lui-même remis à un bénévole du festival. On a fait une grande fête», se souvient M.Fredette.
Un festival bien établi
Créé d'abord pour faire sortir l'ancienne Ville de Gatineau de l'anonymat, le festival de montgolfières a pris rapidement de l'ampleur et créé un sentiment d'appartenance à travers toute la grande ville, croit Alain Fredette. «C'est devenu un incontournable», affirme-t-il.
Même si les envolées de montgolfières ont lieu très tôt le matin et en début de soirée et qu'il y a des dizaines de spectacles, des manèges et d'activités, les grands ballons demeurent l'attraction principale, croit Alain Fredette.
«C'est toujours magique de voir tous ces ballons s'envoler. J'ai eu la chance de voler en montgolfière à quelques reprises et c'est vraiment formidable. Je suis allé au festival avec mes petits-enfants cette année et ils étaient totalement fascinés par ce spectacle».
Le Festival de montgolfières a toujours misé sur de très gros spectacles mettant en vedette des grands noms de la chanson et la formule a porté ses fruits car il a attiré de fortes foules, bon an mal an.
«On offre des spectacles très variés, pour tous les groupes d'âges. Certains événements comme le Championnat nord-américain des athlètes de force sont maintenant des traditions bien établies. Cette fin de semaine là est aussi l'un des plus grands rendez-vous des amateurs de camping-caravaning. Il y avait plus de 1300 caravanes sur le site cette année. Ça veut dire qu'il y avait entre 2600 et 3000 personnes. C'est comme si un gros village était créé dans le parc La Baie, durant une fin de semaine».
Une équipe exceptionnelle
Alain Fredette ne sait pas encore s'il sera président du festival l'an prochain. Il prend ça une année à la fois et ne veut pas nécessairement s'engager à long terme.
Mais il répète que son travail n'est pas trop difficile car l'équipe dirigée par Brigitte Michaud, est exceptionnelle. «C'est sa première année à la direction du festival mais elle n'a pas eu de difficulté car elle a su jouer le rôle de chef d'orchestre. Il y a des gens très compétents dans ce groupe de plus de 1600 bénévoles qui travaillent à l'organisation, dont certains sont là depuis 22 ans.»
«La logistique est impressionnante. Il faut faire décoller 65 ballons au bon moment, en tenant compte de la météo et des vents et en collaboration avec les contrôleurs aériens de l'Aéroport d'Ottawa. Le pilotage des montgolfières est une affaire très sérieuse», affirme-t-il.
M.Fredette ne croit pas indispensable que le festival de montgolfières attire 100 ballons ou plus, comme le font d'autres événements semblables. «Ça fonctionne bien comme ça et ce n'est pas nécessaire d'en avoir plus, l'effet visuel est le même».
Vous pouvez entendre la Personnalité de la semaine ce matin, à 8h40, à l'émission Bernier et Cie animée par Carl Bernier et diffusée à la radio de Radio-Canada au 90,7 FM, ainsi qu'à 18h au Téléjournal Ottawa-Gatineau présenté par Michel Picard à la télévision de Radio-Canada.











