Michel Dozois est fier de la Quatrième salle du Centre national des Arts (CNA) et il prend sa retraite avec le sentiment de partir au bon moment.
Producteur de spectacles au CNA depuis 1983, M.Dozois quittera bientôt ses fonctions et il sait que la salle est maintenant très connue et très populaire. «C'est plaisant de quitter quand tout va bien et de savoir que ça va continuer ainsi. Ma remplaçante, Simone Deneau, est dynamique et elle a beaucoup d'expérience», a déclaré M.Dozois.
Inaugurée en 2001, la Quatrième salle du CNA est un cabaret de 150 places qui a été aménagé dans l'espace où était l'ancienne librairie, fermée depuis plusieurs années. Sa programmation est essentiellement régionale alors que la vocation du CNA est nationale et même internationale. Dans cette petite salle, on y présente essentiellement des spectacles d'artistes de l'Outaouais et de l'est de l'Ontario.
«Au début des années 2000, le président et chef de la direction du CNA, Peter Herrndorf, voulait que nous fassions plus de place aux artistes de la région. Nous avons un mandat national et international mais nous sommes aussi au coeur d'une grande région et il fallait un outil pour représenter les artistes régionaux. Quand on parle de la région, ça ne se limite pas à la zone urbaine d'Ottawa-Gatineau. Ça peut aller assez loin. Nous l'avons appelé la quatrième salle à une époque où on donnait des noms de commanditaires aux grandes salles», dit-il.
«La salle de l'opéra du CNA est devenue la salle Southam et La Place des Arts avait sa Cinquième salle alors nous avons pensé à la Quatrième salle. Le nom est tellement reconnu maintenant qu'on n'a plus besoin de dire que c'est au CNA. On dit tout simplement que tel ou tel spectacle est présenté à la Quatrième salle», raconte Michel Dozois.
D'abord la danse
En présentant des spectacles en français et en anglais, la salle attire un public tellement nombreux qu'elle est utilisée 225 soirs par année. Des conférences de presse et des lancements s'y tiennent également. Certains artistes sont des habitués. À lui seul, le contrebassiste John Geggie se produit sept fois par année à la Quatrième salle. «Les artistes adorent la salle car contrairement aux bars, les gens viennent ici pour les écouter. L'atmosphère est chaleureuse et le public est tout près des artistes».
La première vocation de Michel Dozois ne fut pas la production de spectacles mais bien la danse. Il a découvert cet art à l'école.
«J'ai grandi dans le quartier Ahuntsic, à Montréal, Comme bien des garçons, j'ai joué au hockey dans la rue, j'ai joué au cow-boy et je me suis promené en vélo. Je ne m'intéressais pas particulièrement au monde des arts mais lors de mes études secondaires au Collège de Rigaud, j'ai vu un spectacle des Grands Ballets canadiens et le travail des danseurs m'a fasciné. Au cégep, une professeure de danse m'a approché pour me proposer de danser et j'y ai rapidement pris goût. J'ai aussi fait de la radio étudiante, ce qui m'a permis de m'initier à la technique. La danse m'a mené jusqu'à l'école contemporaine de Maurice Béjart, à Bruxelles. Mais ma carrière de danseur n'a pas duré longtemps car mon dos n'était pas assez fort pour cette discipline. Je me suis aussi rendu compte que je m'intéressais plus à la technique et à l'éclairage qu'à la danse comme tel», raconte-t-il.
Grands Ballets canadiens
De retour de Belgique, Michel Dozois, s'intéresse de plus en plus à la régie et à l'éclairage et il devient technicien spécialisé en danse. Il travaille notamment, aux Grands Ballets canadiens et à la compagnie d'Eddy Toussaint. Il a aussi travaillé durant dix étés à l'exposition Terre des Hommes de Montréal (la suite de l'Expo 67) comme régisseur des spectacles.
Michel Dozois est entré à l'emploi du CNA en 1983 lorsqu'il a appris qu'on cherchait un responsable de la technique pour la danse et les spectacles de variété.
«Ce travail combinait mes deux champs d'expertise alors je n'ai pas hésité à poser ma candidature. À ce titre, il a coordonné les spectacles de danse et de variétés du CNA, jusqu'en 2001. Il a aussi été responsable du spectacle Harmonie 2000 produit par le CNA, au Casino du Lac-Leamy, pour marquer l'arrivée de l'an 2000. C'était un poste très intéressant mais après plus de sept ans, j'avais le goût de changer et la création de la Quatrième salle est survenue au bon moment».
Durant toute sa carrière, Michel Dozois a appris son métier «sur le tas», en le faisant et en observant les autres. Il est fier de ses réalisations et même s'il n'a que 59 ans, il a le goût de quitter alors qu'il est encore en bonne santé.
«C'est le temps et je peux me permettre de prendre ma retraite maintenant. Je veux vivre à mon propre rythme et sortir du quotidien. Je cuisine un peu et je m'intéresse à l'électronique mais mon principal passe-temps est la motocyclette. Ma femme et moi effectuons de beaux voyages en moto et lorsqu'elle aura pris, elle aussi, sa retraite, nous pourrons voyager en toute saison, principalement durant des périodes plus tranquilles comme le mois de septembre, par exemple», d'ajouter Michel Dozois qui a deux fils, âgés de 31 et 29 ans.










