Des meubles et beaucoup d'amour

Depuis 2005, Nathalie Maione rend service à bien... (Étienne Ranger, Le Droit)

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Depuis 2005, Nathalie Maione rend service à bien des familles. Le mercredi soir, son organisme Dons avec des meubles recueille des meubles usagés, puis les livre à des familles de réfugiés d'Ottawa.

Étienne Ranger, Le Droit

Charles Thériault
Le Droit

Aujourd'hui, Le Droit Et Radio-canada Honorent À Titre De Personnalité De La Semaine Nathalie Maione, La Fondatrice De L'organisme «Dons Avec Des Meubles» Qui Vient En Aide Aux Réfugiés De La Région D'ottawa. Vous Pouvez Entendre La Personnalité De La Semaine Ce Matin, À 8h40, À L'émission Bernier Et Cie Animée Par Carl Bernier Et Diffusée À La Radio De Radio-canada Au 90,7 Fm, Ainsi Qu'à 18h Au Téléjournal Ottawa-gatineau Présenté Par Michel Picard, À La Télévision De Radio-canada.

Nathalie Maione a de l'énergie à revendre. Cette mère de six enfants exploite une garderie à domicile et, le mercredi soir, elle livre des meubles aux familles de réfugiés avec une toute une équipe de bénévoles.

 

Lorsque le journaliste du Droit l'a rencontrée, la semaine dernière, elle devait d'ailleurs aller chercher une dizaine d'enfants à l'école primaire de son quartier pour les ramener à sa garderie en attendant que les parents viennent les cueillir.

MmeMaione a fondé, en novembre 2005, l'organisme Dons avec des meubles. Chaque mercredi soir, elle part à bord d'un camion de livraison pour recueillir des meubles donnés par des particuliers. Elle les distribue chez ceux qui en ont le plus besoin: les réfugiés qui arrivent au pays, complètement démunis. «Nous avons commencé après avoir appris qu'il y avait de grands besoins. Une amie, MmeRatley, qui fréquentait la même église que nous, a parlé de ce rêve qu'elle avait de recueillir les meubles des gens qui n'en ont plus besoin afin de les donner à ceux qui n'ont rien.»

«Nous couvrons le territoire compris entre le quartier Bayshore, Orléans et Cumberland. Mais pour le ramassage des meubles, on ne va pas aussi loin: on n'aurait pas le temps de tout faire en une seule soirée», explique MmeMaione. En moyenne, les bénévoles effectuent quatre ramassages et deux livraisons de meubles par soir. Et certaines personnes donnent des meubles plus d'une fois par année.

«Nos bénévoles sont surtout des femmes. Ça peut paraître curieux qu'il y ait si peu d'hommes pour déménager des meubles, mais mes aides sont très fortes. Elles se débrouillent très bien. Aussi, ça laisse une très forte impression auprès des réfugiés provenant de pays où les femmes ne sont pas traitées sur un pied d'égalité avec les hommes. Ils sont aussi très surpris lorsqu'ils se rendent compte que je dirige le groupe», indique Nathalie Maione.

Un geste de bienvenue

La responsable du groupe ne croit pas faire de la charité. À son avis, son oeuvre s'apparente à celle des citoyens qui, autrefois, accueillaient les nouveaux arrivants dans un quartier en leur apportant un plat chaud.

«Les gens sont heureux de recevoir tous ces meubles. Mais en même temps, ils sont sous le choc: en 45 minutes, la maison est pleine. Souvent, le logement est presque vide à notre arrivée. D'ailleurs, lorsque je leur téléphone, j'entends l'écho dans l'appartement. Lorsqu'on cogne à la porte et qu'ils ouvrent, c'est un défilé d'une douzaine de personnes qui entrent chez eux avec des meubles, des sacs, des boîtes et toutes sortes de choses», raconte MmeMaione.

Elle tient d'ailleurs à rappeler de ne jamais jeter de meubles en bon état: ils peuvent toujours faire le bonheur de quelqu'un.

Depuis 2005, le groupe a fourni des meubles à 455 familles provenant de 49 pays différents. Des familles qui ont besoin de tout, que ce soit de la vaisselle, des meubles de cuisine et de salon, des tapis, des rideaux, des serviettes... Bref, de tout ce qui est nécessaire dans une maison.

Évidemment, on ne déménage pas des meubles en utilisant un véhicule personnel. L'organisme a donc un camion de livraison.

Il finance ses activités grâce à une grande soirée annuelle, ainsi que plusieurs ventes de garage. Cette année, la soirée de financement aura lieu le 16avril. Elle comprendra un grand souper, un spectacle et un encan silencieux.

Nathalie Maione vit à Ottawa depuis son adolescence, mais elle est originaire de Toulouse, dans le sud de la France. «Nous avons aussi vécu en Espagne, alors je parle couramment espagnol. Je me souviens très bien de notre arrivée au Canada: c'était en 1971, quelques mois après le fameux hiver de 1970-1971 où il est tombé tant de neige! J'ai toujours vécu à Ottawa depuis ce temps. En fait, je ne suis retournée en France qu'une seule fois depuis mon arrivée», souligne-t-elle.

L'amour des enfants

Après avoir complété des études collégiales en service de garde, Nathalie Maione a travaillé pendant quelques années dans une garderie en milieu défavorisé, avant d'avoir elle-même des enfants et de fonder une garderie en milieu familial.

«Ça m'a toujours intéressé de travailler dans une garderie parce que j'adore les enfants. Heureusement, le soir, mon mari m'aide beaucoup. Parfois, je suis épuisée alors je prends un peu de repos.»

«Mais en général, ça va bien, car je reçois beaucoup d'aide de mon équipe de 65 bénévoles. C'est incroyable de voir à quel point les gens sont prêts à donner de leur temps pour aider les autres. De plus, quand on voit à quel point les familles que nous aidons ont souffert, on n'a pas le goût de se plaindre. D'ailleurs, ce que je fais m'apporte aussi beaucoup de bonheur. Alors, il me semble que je reçois autant que je donne», explique-t-elle.

Son action bénévole lui laisse peu de temps pour les loisirs, mais sa famille possède un chalet et elle adore s'y retrouver avec ses enfants et leurs amis.

«Le chalet, c'est mon havre de paix. Je ne voyage pas beaucoup, mais j'ai l'impression de partir en voyage chaque fois que je rencontre des familles provenant d'ailleurs. J'ai rencontré des gens provenant de près de 50 pays différents depuis que nous avons instauré ce service. La plupart du temps, je ne comprends pas leur langue. Mais je fais des gestes et on finit toujours par se comprendre», lance-t-elle avec un grand sourire avant de retourner s'occuper de sa marmaille.

Vous pouvez entendre la Personnalité de la semaine ce matin, à 8h40, à l'émission Bernier et Cie animée par Carl Bernier et diffusée à la radio de Radio-Canada au 90,7 FM, ainsi qu'à 18h au Téléjournal Ottawa-Gatineau présenté par Michel Picard, à la télévision de Radio-Canada.

Ctheriault@ledroit.com

 

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