«Moyenner» avec le cas du dur à cuire des Sénateurs voudrait dire trouver un juste milieu entre l'offre du club (environ 1,5 million $ par année) et la demande du vétéran qui deviendra agent libre cet été (autour de 2,5 millions $, spécule-t-on). Bien souvent, quand deux parties veulent s'entendre, on coupe la poire en deux et on parvient à s'entendre à mi-chemin. Dans ce cas-ci, ça voudrait dire 2 millions $ par année, probablement pour un pacte de trois ou quatre ans. Pas besoin d'être un génie des mathématiques pour arriver à un tel chiffre.
Â
Si j'étais à la place du d.g. des Sénateurs, je maintiendrais cependant une ligne très dure. Neil a beau avoir rendu de fiers services à la seule organisation professionnelle qu'il ait connue, 1,5 million $, c'est beaucoup pour un gars qui a une fiche de deux buts et quatre passes cette saison, en plus d'un différentiel de moins-12.
Oui, Neil a lâché les gants plus souvent cette saison (13 fois, avant d'être blessé) que par les années passées (neuf l'an dernier, huit l'année précédente) alors que Brian McGrattan était là pour se frotter aux poids lourds des équipes adverses. Mais le fait qu'il joue pour un nouveau contrat l'a probablement incité à se battre avec une fréquence rappelant ses premières années à Ottawa (son record personnel, selon hockeyfights.com, est de 24 combats, en 2003-2004, dernière saison avant le lock-out).
Alors qu'il reste encore à voir si la LNH va agir pour réduire l'importance des batailles ou les éliminer tout simplement (on peut en douter), Murray peut demander à son homologue Bob Gainey s'il vaut la peine de verser 1,5 million $ par année (le salaire de Georges Laraque pour trois ans) pour un pugiliste qui apporte une contribution très limitée à l'attaque.
Dans un contexte où le plafond salarial risque de baisser lors de la saison 2010-2011 en raison de la crise économique actuelle, ce n'est certes pas prudent. Surtout quand il y a plein de hockeyeurs de cette trempe dans la Ligue américaine et qui peuvent faire un travail similaire pour 500 000 $. Les Leafs paient Brad May, un vétéran de 36 ans qui a le même nombre de points (6) que Neil cette saison, 600 000 $ cette saison pour faire le même sale boulot.
Murray doit sauver tout l'argent qu'il peut sous le plafond salarial s'il veut régler une fois pour toutes le principal problème de son club : l'absence d'un gardien numéro un digne de ce nom, puisque Brian Elliott est en train de montrer qu'il n'est pas de cette trempe.
Pour cette même raison, il doit aussi échanger Filip Kuba, qui commanderait environ 4 millions $ par année, au plus offrant d'ici à demain 15 h. Cela lui permettrait de faire de la place pour son premier choix de l'été dernier, le Suédois Erik Karlsson, l'an prochain. Défenseur par excellence du dernier Championnat mondial junior, ce dernier ferait le maximum alloué à une recrue selon la convention collective, 850 000 $, ce qui fait qu'il serait beaucoup plus facile de vivre avec ses erreurs de recrue.
Ensuite, l'été prochain, Murray aura peut-être assez d'argent dans son bas de laine pourra peut-être tenter de mettre Nicklas Backstrom, du Wild du Minnesota, sous contrat le 1er juillet. C'est lui qui sera le portier le plus convoité sur le marché, devant les Nikolaï Khabibuline, Tim Thomas, Emmanuel Fernandez, Martin Biron, Brian Boucher et Scott Clemmensen. Des gardiens moins bien établis comme Pascal Leclaire, de Columbus (qui se remet d'une opération à une cheville), et Kari Lehtonen, d'Atlanta, devraient aussi être disponibles pour pas trop cher sur le marché des échanges.
Si les Sénateurs peuvent obtenir des choix de deuxième ronde à tout le moins pour Neil et Kuba, peut-être qu'un de ces choix pourrait aussi être utilisé pour sélectionner un «gardien d'avenir» qu'ils pourraient enfin développer eux-mêmes, ce qu'ils n'ont jamais réussi à faire de toute leur histoire moderne (rappelez-vous des Mathieu Chouinard, Darrin Madeley, Simon Lajeunesse et autres Kelly Guard), sauf dans le cas de Ray Emery, qui a mal tourné pour diverses raisons.
mbrassard@ledroit.com
Â














