Celui qui envoie Antoine Vermette à Columbus contre Pascal Leclaire pourrait être bon pour les deux joueurs, et il l'est certes dans l'immédiat pour les Blue Jackets.
Pour les Sénateurs ? Tout dépend de la chance que le d.g. Bryan Murray prend sur un gardien de but qui était en béquilles la semaine dernière et qui porte toujours une botte de protection pour sa cheville ayant nécessité une opération en janvier dernier. Un gardien qui n'a vraiment connu qu'une seule bonne saison dans la LNH, l'an passé, ce qui lui a valu un contrat qui lui rapportera 3,6 millions $ l'an prochain et 4,8 millions $ en 2010-2011, et qui n'a jamais joué plus de 54 parties dans une campagne.
C'est un pari très risqué évidemment, mais Murray assurait qu'il en valait la chandelle.
«Tous nos dépisteurs, et nous avions la chance de compter sur Jim Clark qui était assistant d.g. à Columbus quand ils ont repêché Pascal en première ronde, 8e au total (en 2001), s'entendaient pour dire qu'il est un des meilleurs jeunes gardiens de la LNH quand il est en santé. On s'est dit qu'il fallait adresser notre situation devant le filet si c'était possible», a dit Murray à la fin de la longue journée d'hier.
Personnellement, je pense que le prix payé pour Leclaire, 26 ans, était très élevé, même si Antoine Vermette ne connaissait pas une saison à la hauteur des attentes (ou de son nouveau contrat). Ottawa obtient aussi un choix de deuxième ronde dans la transaction, compensant un peu pour le premier choix (de San Jose) donné aux Islanders pour obtenir le défenseur Chris Campoli il y a deux semaines.
Leclaire était de trop à Columbus en raison de l'émergence de Steve Mason, le candidat numéro un pour le titre de recrue de l'année. Les Blue Jackets l'auraient probablement échangé pour un choix de repêchage au cours de l'été.
«Nous avons bougé maintenant parce qu'à l'été, c'est comme pour un défenseur capable de charrier la rondelle, il y a 29 équipes qui tentent de combler ce besoin. Ce n'est pas aussi dramatique pour les gardiens mais plusieurs clubs vont tenter de s'améliorer devant le filet cet été. Vous finissez par donner plus. La bonne chose avec cet échange est qu'ils (les Jackets) voyaient Antoine comme un gars qui va pouvoir les aider à se qualifier pour les séries, il va ajouter de la profondeur à leur attaque. Nous avons été capables d'obtenir un peu plus en retour», a répondu Murray quand je lui ai demandé pourquoi il a bâclé ce marché maintenant plutôt qu'au repêchage de juin à Montréal.
L'autre danger pour les Sénateurs, c'est que Vermette explose en obtenant une chance de jouer avec des joueurs de talent à Columbus. Ken Hitchcock aurait dit à la radio locale qu'il voulait l'unir à Kristian Huselius. On le verrait bien aussi aux côtés de Rick Nash et de Derick Brassard, quand ce dernier reviendra au jeu l'an prochain (à moins qu'il ne soit prêt pour les séries).
À Ottawa, l'attaquant québécois était condamné à jouer sur un troisième trio dans le cadre d'un duo avec Chris Kelly, son bon ami qui n'a cependant pas de «mains»
Avant de partir vers l'Ohio, Vermette ne voulait évidemment pas critiquer l'organisation qui lui a permis d'accéder à la LNH et de s'établir comme un joueur solide dans les deux sens de la patinoire au fil des cinq dernières saisons.
«À ce moment-ci, je ne veux pas embarquer là-dedans et analyser si les choses auraient pu être différentes quant à ma production et ma position dans l'alignement. Je m'en vais à Columbus maintenant et je vais essayer d'atteindre mon potentiel», s'est-il contenté de répondre.
Connaissant les problèmes des Sénateurs devant le filet au fil des ans, Antoine Vermette se doutait bien que Pascal Leclaire aura une énorme pression sur les épaules quand il va s'amener. «Je lui souhaite bonne chance, j'espère qu'il sera capable de performer à la hauteur de ses capacités. Je ne sais pas si c'est un bon échange pour les Sénateurs», a-t-il lancé.
Moi non plus je ne le sais pas. Je sais que Bryan Murray prend d'énormes chances, et qu'il a consenti un contrat qu'il va regretter à Filip Kuba, qui était pourtant convoité par d'autres clubs, selon ce qu'il a indiqué. Et en prime, il risque de perdre Chris Neil pour rien le 1er juillet prochain.
Si Murray ne gagne pas son pari avec Pascal Leclaire, cette équipe ne reverra pas les séries éliminatoires avant plusieurs saisons.
mbrassard@ledroit.com










