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Dommage, Équipe Canada n'a pas retenu Claude Julien

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Marc Brassard
Le Droit

(Montréal) La dernière fois que les Sénateurs sont venus à Montréal pour un repêchage, le premier de leur histoire, ils avaient causé une certaine surprise en choisissant Alexeï Yashine avec le deuxième choix au total.

En 1992, ils s'étaient tournés vers ce grand centre russe parce qu'ils avaient été déçus de voir le Lightning de Tampa Bay leur couper l'herbe sous le pied en choisissant le défenseur Roman Hamrlik, dont le nom aurait bien cadré avec leur thème romain (dans ce temps-là, les Sénateurs sélectionnaient autant pour des questions de marketing que des questions de hockey, ce qui explique en partie le choix d'Alexandre Daigle un an plus tard).

 

Cette fois-ci, l'identité de leur premier choix, qui sera le 9e au total, a moins d'importance que ce qu'ils vont faire avec un joueur qui, un peu comme Yashine, est devenu malheureux dans la capitale, Dany Heatley.

À part le d.g. du Canadien, Bob Gainey, qui effectuera son choix devant 20000 partisans souhaitant qu'il prenne un «pure laine», Bryan Murray est probablement le d.g. qui est le plus sous pression aujourd'hui.

Il ne peut vraiment pas se tromper s'il accepte l'un ou l'autre des offres qui lui seront faites dans les prochaines heures, son avenir et l'avenir de son club en dépendent. Si j'étais lui, je travaillerais fort pour m'entendre avec les Blues de St. Louis, qui ont plusieurs excellents jeunes (David Perron entre autres) pouvant compenser à long terme la perte d'un compteur comme Heatley.

Yzerman ne se prononce pas

Le nom de ce dernier revenait un peu partout, hier, à Montréal. Lors du premier point de presse de Cory Clouston depuis le début de cette «affaire», évidemment. Mais aussi lors de la conférence de presse d'Équipe Canada pour présenter l'équipe d'entraîneurs, Mike Babcock et ses associés Ken Hitchcock, Lindy Ruff et Jacques Lemaire.

Même si Heatley paraît pas mal égoïste dans toute cette histoire, demandant à être échangé parce qu'il n'a pas aimé que Clouston le relègue à la deuxième unité du jeu de puissance, le directeur exécutif Steve Yzerman n'a pas l'intention de l'écarter de son processus de sélection pour l'équipe qui ira aux Olympiques de 2010 à Vancouver.

«Mon opinion à ce sujet n'est pas formée parce qu'on ne sait que ce qu'on lit (dans les journaux), mais vraiment, ce n'est pas à moi de le juger. Je le connais et je l'aime comme joueur de hockey pour l'avoir eu aux deux derniers championnats mondiaux. Son jeu l'an prochain va déterminer si je le choisis pour l'équipe», a raconté «Stevie Y», qui sera intronisé au Temple de la renommée l'automne prochain.

Yzerman a trop de classe pour critiquer Heatley, même s'il n'est probablement pas d'accord avec sa façon de faire les choses: «J'ai été surpris par sa demande. J'imagine qu'il y avait pensé avec son agent, mais en faisant cette requête, il devait savoir quelle serait la réaction. Il ne devrait pas être surpris par celle-ci. Toi ou moi, on peut penser que c'est bien ou mal, mais en bout de ligne, c'est la carrière de Dany et il doit prendre ses décisions.»

Lemaire préféré à Julien

Parlant de critiques, j'en ai une pour Yzerman dans son choix d'entraîneurs: Jacques Lemaire, qui n'est même pas dans la ligue actuellement, plutôt que Claude Julien, le récipiendaire du trophée Jack-Adams? «On avait tellement de profondeur du côté des entraîneurs, il y avait plusieurs bons hommes de hockey sur ma liste qui n'ont pas été retenus, dont Claude. La réputation de Jacques n'est plus à faire, tout le monde dit qu'il est un des entraîneurs les plus intelligents du métier», a expliqué Yzerman.

«Coco» est peut-être intelligent, mais il n'a pas marqué de points dans mon livre en se présentant au podium à une conférence de presse À MONTRÉAL et en ne disant pas un seul mot de français!

Croisé dans le lobby d'un hôtel, Julien ne se disait pas déçu d'avoir été laissé de côté: «Non, ce n'est pas décevant parce que ce sont tous des bons choix, des entraîneurs avec de l'expérience et des gagnants», a dit le pilote des Bruins, originaire d'Orléans.

Entre les lignes

Les Sénateurs ne peuvent se tromper s'ils choisissent entre le Suédois Magnus Paajarvi-Svensson et le centre américain Jordan Schröder, tous ceux qui les ont vus au dernier championnat mondial à Ottawa vous le diront. Schröder confiait hier qu'une de ses idoles est Marc Savard, originaire d'Orléans. S'il amasse 90-100 points par saison comme ce dernier, ce petit joueur de 5'8 serait le complément parfait pour Jason Spezza comme deuxième centre... Le choix qui s'offre aux Islanders, entre John Tavares et Victor Hedman, rappelle celui qui s'offrait aux Sénateurs entre Alexandre Daigle et Chris Pronger en 1993. Celui des deux qui sera choisi déclarera-t-il «personne ne se souvient du deuxième»? «À l'époque, c'était le bon choix, un club américain aurait fait le même, affirmait E.J. McGuire, adjoint avec les Sénateurs à l'époque et aujourd'hui directeur du Bureau central de recrutement de la LNH. Avec le recul, ce l'est moins, évidemment.» McGuire pense que Tavares devrait être le premier choix aujourd'hui. Moi aussi.

 

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