Plus de trois mois se sont écoulés depuis que le récalcitrant attaquant des Sénateurs d'Ottawa a demandé, au beau milieu de la finale de la coupe Stanley, d'être refilé à une autre équipe. La raison: il aurait été insatisfait de son utilisation par le nouvel entraîneur-chef, Cory Clouston, à la fin de la dernière saison, selon ses agents.
Heatley lui-même, qui a fait cette demande à la fin de la première saison d'une prolongation de contrat de six ans pour 45 millions$, n'a toujours pas dit un seul mot pour expliquer cette requête sortie du champ gauche et qui lui a permis de rapidement devenir le deuxième joueur le plus détesté de l'histoire des Sénateurs, pas très loin derrière Alexeï Yashine.
La seule action qu'il a posée au début juillet aura été d'apposer son droit de veto à un échange qui l'aurait envoyé aux Oilers d'Edmonton.
Au retour d'une deuxième vacance, il n'y a toujours pas grand-chose de nouveau à rapporter dans ce roman-savon qui s'éternise.
«Il n'y a rien de nouveau ou de différent dans ce dossier, malheureusement», a répondu le directeur général des Sénateurs, Bryan Murray, dans un échange de courriels, hier.
Marleau perd son «C»
Il y a beaucoup de spéculation à l'effet que San Jose est la destination favorite de Heatley, qui avait dressé une liste d'une dizaine d'équipes avec lesquelles il serait prêt à s'aligner, acceptant ainsi de lever sa clause de non-échange.
Mais les Sharks ne semblent pas plus intéressés qu'il le faut à ajouter un joueur qui vient de se faire une belle réputation d'égoïste à un vestiaire où ça ne tournait déjà pas rond.
À preuve, le club a laissé savoir en début de semaine que son attaquant vedette Patrick Marleau se verrait retirer son titre de capitaine en vue de la prochaine saison, lui qui portait le «C» depuis le début de la saison 2004-2005.
«À compter de maintenant, nous n'avons personne comme capitaine», a déclaré l'entraîneur-chef Todd McLelland au Mercury News de San Jose.
Celui-ci a l'intention d'attendre de voir qui assumera le leadership de cette talentueuse équipe, qui a été éliminée en première ronde des séries l'an passé après avoir terminé au premier rang du classement général en saison régulière. Les noms de Joe Thornton et surtout de Dan Boyle, le défenseur franco-ontarien originaire d'Ottawa, circulent déjà comme étant les favoris.
Au-delà de ces considérations, les amateurs du nord de la Californie attendent encore de voir des changements majeurs être apportés, tel que promis par le d.g. Doug Wilson, l'ancien des 67's, à la fin de la dernière saison.
»Ménage à trois»
À Montréal, il y a toujours bien des rumeurs à l'effet que le Canadien aimerait mettre la main sur Marleau dans un échange à trois qui enverrait ensuite Heatley à San Jose.
Mais ces «ménages à trois» se concrétisent rarement. Surtout que le «CH», après son magasinage du 1er juillet, est presque déjà à la limite du plafond salarial de 56 millions$, tandis que les Sénateurs l'excèdent.
Échanger Heatley un pour un (ou en obtenant aussi un choix de repêchage) contre Marleau pourrait permettre à Ottawa de réduire un peu sa masse salariale (Heatley a un salaire moyen de 7,5 millions$, Marleau de 6,3 millions$), mais cette option n'est pas trop attrayante pour Murray, car Marleau écoule la dernière année de son contrat et pourra devenir agent libre le 1er juillet prochain. En plus, rien ne dit qu'il accepterait de lever sa clause de non-échange pour s'amener dans la capitale... ou à Montréal.
En attendant de voir si ce dossier va débloquer un jour, il sera intéressant de voir si Heatley va finir par livrer le fond de sa pensée un de ces jours.
Les dirigeants d'Équipe Canada espèrent évidemment qu'il le fera avant de se rapporter au camp d'orientation de l'équipe olympique, lundi prochain, dans son patelin de Calgary. Steve Yzerman aurait l'intention de parler à ses agents J.P. Barry et Stacey McAlpine à ce sujet cette semaine.
Murray est aussi curieux que vous et moi de voir Dany Heatley faire face à la musique. «Il va devoir dire quelque chose, a-t-il dit hier. J'imagine que nous allons devoir attendre qu'il le fasse.»
Lire un communiqué préparé par ses agents, comme l'a fait Patrick Kane au camp de l'équipe américaine cette semaine afin de s'excuser de l'incident où il a agressé un chauffeur de taxi à Buffalo, ne sera pas suffisant pour Heatley. Il devra répondre à quelques questions pointilleuses. Style: si les Sénateurs n'arrivent pas à accommoder sa requête d'ici l'ouverture du camp d'entraînement, le 12 septembre (dans 25 jours à peine), est-ce qu'il va honorer son contrat et montrer sa face dans la capitale?









