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Butler veut faire revivre la Ligue Can-Am à Ottawa

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Marc Brassard
Le Droit

«Si vous le bâtissez, ils vont venir.»

On pourrait dire que Dave Butler a adapté cette célèbre phrase du fantôme de «Shoeless» Joe Jackson lancée dans le film Jusqu'au bout du rêve (Field of Dreams) pour dire plutôt: «Il est déjà bâti, alors ils vont venir.»

Cet homme d'affaires propriétaire de la compagnie Capital Trolley (ces autobus pour touristes qui sillonnent le centre-ville) est passé par l'Hôtel de ville d'Ottawa hier après-midi, accompagné de jeunes joueurs des petites ligues qui ont chanté Take me Out to the Ball Game à leur arrivée, afin de remettre officiellement sa proposition pour faire revivre le Stade d'Ottawa, vacant cette saison, au conseiller d'Orléans Bob Monette et au greffier et chef du contentieux, Rick O'Connor.

 

Butler n'a pas trop voulu entrer dans les détails de son plan pour ramener une équipe de la Ligue Can-Am dans la capitale, après la disparition des Voyageurs (successeurs des Rapidz de la même ligue) en avril dernier, avant même qu'ils aient joué un seul match.

Une vision «baseball plus»

«On vise une utilisation à l'année longue du stade, incluant du baseball mais aussi des spectacles et de l'espace de bureaux reliés au baseball, comme ceux de Baseball Canada. On remettrait aussi le stade à la communauté pour une centaine de jours sur les 365 de l'année», a raconté Butler, promettant de laisser des équipes des petites ligues ainsi que des ligues pour adultes sur le terrain du parc du chemin Coventry, qui compte 10300 sièges.

«Nous avons une vision qu'on appelle 'Baseball plus'«, a-t-il ajouté.

L'obtention d'une franchise de la Can-Am, pour 750 000 $ ne serait qu'une formalité, le commissaire Miles Wolff ayant réitéré pas plus tard que vendredi qu'il ne demanderait pas mieux que de donner une troisième chance à Ottawa de faire vivre un club dans sa ligue, autant que possible dans une ronde d'expansion qui comprendrait également Trois-Rivières, où ses Capitales ont joué un match dimanche devant plus de 3000 spectateurs.

Butler a dit qu'il tente depuis quatre ans d'obtenir la gestion de l'ancien domicile des Lynx, qui ont quitté dans l'indifférence il y a trois ans, après 15 saisons dans la Ligue internationale. «Si ça ne fonctionne pas cette fois-ci, j'abandonne. Mais je pense que la Ville n'aura pas le choix de nous consentir le bail, nous avons le meilleur plan d'action» dit-il.

Un bail à long terme

Il n'a pas voulu dire si son groupe, Ottawa Stadium Group, allait payer le même loyer que la Can-Am depuis deux ans (108 000 $) par année, mais il aimerait signer un bail à long terme, «un minimum de 10 ans, avec une option pour 10 autres années, afin de nous permettre de rentrer dans notre investissement à long terme», souligne-t-il, se disant prêt à investir «3 à 4 millions$» pour améliorer le stade construit en 1993, possiblement en le dotant notamment d'un avant-champ en gazon synthétique pour éviter que le gazon ne soit endommagé lors de la présentation de concerts.

Monette croit que le plan de Butler a des chances d'être accepté par le Conseil municipal, qui devrait en discuter à huis clos en septembre, et plus officiellement plus tard cet automne. Pourtant, pas plus tard qu'en avril dernier, il avait laissé entendre que la Ville devrait détruire le stade et vendre le terrain pour aider au financement des rénovations au stade Frank-Clair du parc Lansdowne.

«Quand j'ai dit cela, c'était parce qu'il ne semblait plus y avoir de solution (pour le stade de baseball). Mais maintenant nous n'avons pas besoin de cet argent pour Lansdowne, on a un groupe (Lansdowne Live, dont le dossier sera devant le conseil le 2 septembre) qui a l'argent pour ça. Et aujourd'hui, nous avons une option viable pour donner une autre chance au baseball», a-t-il souligné.

Est-ce que Butler et son «spécialiste du baseball», Duncan McDonald (un ancien employé de Bruce Firestone quand il a travaillé pour obtenir la franchise des Sénateurs dans la LNH), sont de grands rêveurs? Peut-être bien.

Prêt à donner des billets

Butler, qui a d'autres associés qui veulent garder l'anonymat pour l'instant, s'est dit prêt «à donner les billets ou payer les gens pour remplir les gradins», ce qui n'est jamais une bonne idée pour un propriétaire d'équipe professionnelle, même à un niveau aussi bas que la Can-Am. Butler doit aussi rencontrer aujourd'hui, Guy Laflamme, de la Commission de la capitale nationale, afin de discuter de la possibilité que des événements du Bal de neige aient lieu au stade.

Un éventuel nom pour le nouveau club est «top secret», a-t-il aussi mentionné. «Ce sera pour une autre conférence de presse.»

On verra bien quand et si il y en a une autre. Il faudra attendre de voir si les amateurs francophones seront respectés. Mais au moins pour le baseball à Ottawa, comme disait le grand sage Yogi Berra, «ce n'est pas fini tant que ce n'est pas fini».

 

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