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Chabot ne s'ennuiera pas de son «sideline»

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Marc Brassard
Le Droit

John Chabot n'est plus habitué d'être à la maison au mois de septembre.

Depuis qu'il avait mis fin à sa carrière de joueur en Allemagne en 2001, l'ancien du Canadien, des Penguins et des Red Wings s'était toujours trouvé du boulot comme entraîneur, d'abord comme adjoint à Benoît Groulx avec les Olympiques, ensuite comme entraîneur-chef du Titan d'Acadie-Bathurst, et enfin comme adjoint avec les Islanders de New York lors des deux dernières saisons.

Mais cet automne, vous avez plus de chances de rencontrer Chabot sur un terrain de golf de la région ou sur une piste cyclable que dans un aréna.

 

C'est un peu surprenant considérant son bagage d'expérience, mais le sympathique Gatinois ne s'est pas trouvé de travail en vue de la prochaine saison, après que les Islanders eurent décidé de ne pas renouveler son contrat quand il est arrivé à échéance à la fin de la dernière campagne. Et ça ne le dérange vraiment pas.

«Je ne trouve pas ça difficile de ne plus être dans le 'coaching', c'était bien plus 'tough' quand j'ai arrêté de jouer et que je ne savais pas ce que j'allais faire de ma vie, me confiait-il récemment. Pour moi, être entraîneur était un 'sideline' de toute façon, une manière d'améliorer mon profil dans la communauté autochtone afin de faire avancer un projet que je caresse depuis longtemps.»

Ce projet, auquel il entend consacrer toutes ses énergies cet automne et cet hiver, est de doter certaines communautés autochtones, notamment dans le nord du Québec et de l'Ontario, ainsi qu'aux Territoires du Nord-Ouest, d'académies alliant études et sports à l'intention des jeunes adolescents.

De graves problèmes

«Nos jeunes des Premières Nations ont de graves problèmes, notamment au niveau du décrochage, et mon but est de leur offrir des programmes où l'éducation serait reliée au sport, notamment au hockey mais pas juste à celui-ci. On pourrait par exemple leur offrir des voyages dans des villes de la LNH pour assister à des matches comme récompense pour une bonne année scolaire. Des anciens joueurs de hockey pourraient participer à un programme de mentorat, mais il y aurait aussi des docteurs, des avocats,etc., pour montrer qu'il y a moyen de faire quelque chose de sa vie à force de travailler avec acharnement et de s'accrocher à son éducation», souligne Chabot.

Le père de famille pourrait facilement citer ses trois enfants en exemple des vertus d'une bonne éducation: sa fille aînée Aubrey a déjà en poche un baccalauréat en politique de la prestigieuse université Oxford, en Angleterre, et elle fait maintenant son cours de droit à McGill; son fils Kyle est lui aussi à McGill, où il étudie en médecine; et son autre fille, Alexandra, en est à la dernière année d'un bac en littérature anglaise à l'université Queen's de Kingston.

Un Algonquin de la réserve Kitigan Zibi, près de Maniwaki, John Chabot n'a pas grandi dans cette communauté. Comme son père travaillait pour la Force aérienne du Canada, il a notamment passé son enfance à Cold Lake, en Alberta, et à Halifax, en Nouvelle-Écosse. La famille s'est installée à Gatineau quand il avait 12 ans, en 1974, et c'est là qu'il s'est mis à dominer outrageusement le hockey mineur local avant de porter les couleurs des Olympiques de Hull pendant deux saisons (de 83 et 89 points) et celles des Castors de Sherbrooke pour une autre (143 points).

Choix de deuxième ronde du Canadien en 1980, il a ensuite connu une carrière de neuf saisons dans la LNH avec Montréal, Pittsburgh et Détroit. C'est l'actuel d.g. des Sénateurs, Bryan Murray, qui l'a ni plus ni moins chassé de la LNH, le cédant au club-école d'Adirondack en 1990-1991. L'année suivante, il mettait le cap sur l'Europe, où il a joué 10 autres saisons, presque toutes en Allemagne.

Chanceux

«Je me compte chanceux d'avoir vécu autant d'expériences dans ma vie, d'avoir tant voyagé et d'avoir été si bien payé. Maintenant, je veux redonner quelque chose à ma communauté», dit le sympathique bonhomme de 47 ans, qui habite dans le Glebe à Ottawa (non, il n'est pas un disciple du conseiller du quartier, Clive Doucet, lui qui souhaite un retour d'un club de la LCF au stade Frank-Clair du parc Lansdowne).

«Je pense bien que ça va fonctionner», ajoute-t-il en parlant de son projet d'académies sport-études pour jeunes autochtones.

C'est une histoire à suivre, mais je le lui souhaite bien qu'il parvienne à ses fins.

 

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