«Il était un grand homme qui a réussi à créer des lieux de rassemblement pour les gens de sa communauté, parfois envers et contre tous», a fait remarquer avec à-propos le prêtre qui présidait à ses funérailles hier, le père Thomas Riopelle.
Jusqu'au décès du père des Lynx la semaine dernière, il n'y avait pas lieu de faire appel à la Commission de toponymie d'Ottawa pour demander à ce que le stade du chemin Coventry, qui n'a pas de locataire à temps plein, soit rebaptisé.
Mais en présumant je sais, c'est une grande présomption de ma part que la Ville ne vendra pas ce terrain où se trouvait autrefois un dépotoir à neige à des intérêts privés qui le ferait tomber sous le pic des démolisseurs pour le remplacer par des édifices à bureau ou d'autres magasins à grande surface, il me semble qu'il serait tout naturel de renommer ce stade en l'honneur de Howard Darwin, qui a été porté en terre hier après son décès mercredi dernier, à l'âge de 78 ans.
Ce serait tout aussi approprié de mettre son nom sur le Centre municipal pour la postérité, mais son successeur comme propriétaire des 67's, Jeff Hunt, vient de vendre celui-ci à une compagnie (Urbandale Construction) pour un an dans le cadre d'une loterie (vous m'excuserez si je continue à appeler l'aréna du parc Lansdowne par son «vrai» nom, le Centre municipal).
Je pensais à ça hier matin pendant ses funérailles, Howard (il voulait que tout le monde l'appelle par son prénom et il était insulté si on l'appelait M. Darwin) n'aimerait pas la suggestion que je viens de faire.
Il préférait l'anonymat
Avant que JefForm n'achète les droits sur le domicile de ses Lynx, certains avaient suggéré que le stade porte le nom de «Darwin Downs». Le principal intéressé, sans qui ce stade de 10 332 places construit au coût de 17 millions $ en 1993 n'aurait jamais été bâti, ne la trouvait pas drôle, lui qui préférait autant que possible demeurer dans l'ombre.
Pourtant, il ne serait qu'approprié que la municipalité qu'il a contribué à faire grandir du simple gros village qu'Ottawa était dans son enfance lui rende un tel hommage.
Ça n'arrivera probablement pas, surtout parce qu'à part l'ancien maire Jim Durrell, qui était parmi les quelque 500 personnes à remplir l'église St. John the Apostle hier, Howard manquait parfois de patience avec les politiciens municipaux.
Il les blâmait d'ailleurs pour les problèmes qui ont affligé les Lynx lors des dernières années où il en était propriétaire, affirmant que c'est la réduction du nombre d'espaces de stationnement (de 2600 à 600 places) qui a chassé les partisans de ce beau petit stade des mineures.
«Vendre les terrains autour du stade a peut-être été payant, mais ça nous a tués, m'avait-il déjà confié. Ça ne se serait jamais passé comme ça si Jim Durrell était encore maire.»
Un autre de ses amis politiciens, l'ancien ministre au cabinet ontarien Claude Bennett, racontait hier comment le bijoutier qu'était Howard Darwin a déjà fait du travail sur les horloges du premier ministre Mackenzie King. «Il trouvait l'une d'elle particulièrement belle et il a décidé de graver ses initiales, HJD (J pour Joseph), derrière celle-ci. Elles seront là pour l'éternité», a relaté Bennett pendant son éloge.
Des initiales derrière une horloge, ce n'est cependant pas suffisant pour souligner la contribution de Howard Darwin à la communauté d'Ottawa. Le «parc Howard Darwin», ça sonne beaucoup mieux.
En vitesse
Assister à des funérailles vous fait toujours réaliser qu'il faut profiter de la vie pendant qu'on en a la chance. Je vous quitte donc pour une dizaine de jours de vacances, l'Office du tourisme de la Tunisie m'ayant invité à aller jouer quelques rondes de golf (non, la Bottine ne sera pas du périple). Je vous en reparle bientôt, dans notre section Tourisme du samedi. De retour dans nos pages le 9 novembre.










