C'est la question existentielle que je me posais après avoir fait un saut à l'hôtel de ville d'Ottawa hier après-midi pour voir les premières représentations publiques sur le plan de revitalisation du parc Lansdowne, mieux connu sous le vocable de «Lansdowne Live».
Ça passe ou ça casse d'ici lundi pour la proposition non sollicitée du groupe de Jeff Hunt, Roger Greenberg, Bill Shenkman et John Ruddy pour un partenariat avec la Ville qui verrait le stade Frank-Clair et le Centre municipal être rénovés. Des espaces verts seraient également ajoutés au parc tout comme des commerces, un cinéma et un hôtel. Les coûts du projet, évalué à 250 millions$, seraient partagés entre les deux partis.
Plus de 90 représentations devant le Conseil municipal seront faites d'ici à ce soir. Les 24 conseillers municipaux et le maire devraient rendre une décision lundi. Notez l'emploi du conditionnel, car avec ces politiciens dysfonctionnels, on ne sait jamais.
«Le processus pour se rendre jusqu'ici a été long et j'ai bien hâte de connaître le verdict final, qui permettra de passer à l'étape suivante», confiait Hunt, le propriétaire des 67's d'Ottawa hier, lui qui entend se taper toutes les délibérations, le pauvre.
«Si c'est non, c'est terminé, il n'y a pas de 'plan B'«, a-t-il ajouté.
En 2013 au plus tôt
C'est en mars 2008 que Hunt et ses partenaires ont obtenu une franchise conditionnelle de la LCF. À l'époque, dans l'enthousiasme du moment, ils pensaient pouvoir rénover le stade rapidement et commencer les opérations de l'équipe dès 2010. C'était rêver en couleur et il est maintenant question d'un lancement des Rough Riders (si la ligue permet qu'une deuxième équipe utilise ce surnom, comme dans le temps) en 2013, au plus tôt. Une présentation de la coupe Grey pourrait suivre un an plus tard, en 2014, mais le commissaire de la LCF Mark Cohon ne voulait pas s'engager plus que ça hier quand il s'est présenté devant les conseillers pour appuyer le projet.
Ce serait évidemment mettre la charrue devant les boeufs, car le conseiller Clive Doucet, du quartier Glebe où se trouve le parc Lansdowne, mène une vive opposition, lui qui souhaite toujours que le développement du parc fasse l'objet d'un concours international de design.
«Si le conseil rejette les offres de ces quatre hommes d'affaires exceptionnels, que nous avions présentés comme une «équipe de rêve» en leur donnant une franchise conditionnelle il y a deux ans, je suis pessimiste quant aux chances qu'une équipe de la LCF revienne dans la capitale nationale dans un avenir rapproché», a dit Cohon pendant les cinq minutes qui lui étaient allouées pour faire son 'pitch' où il a vanté la santé de son circuit (notamment en raison des côtes d'écoute en hausse de 51% et des nombreux projets de construction de nouveaux stades «pour la prochaine génération»).
Une mince majorité?
Le conseiller Peter Chiarelli, un des conseillers en faveur de Lansdowne Live, pense qu'une mince majorité de 13 conseillers sur 24 vont voter en faveur du projet, lorsque l'heure de vérité sonnera lundi. On verra bien.
Personnellement, j'ai l'impression que certains des conseillers qui se disent encore indécis vont essayer d'obtenir certaines concessions. Peut-être une réduction de l'espace commercial (environ 315000 pieds carrés, selon le plan actuel) ou l'abolition du projet d'hôtel et/ou de cinéma.
Hunt a d'ailleurs concédé hier qu'il y avait encore place à négociation. «Il y a cependant certains niveaux qu'on ne peut franchir afin que le projet soit rentable, autant pour nous que du point de vue de la Ville», a-t-il noté.
Les lobbyistes qui tentent de mener le projet à bon terme risquent donc d'avoir du pain sur la planche en fin de semaine.
Mais même après le vote de lundi, s'il a bel et bien lieu, j'ai le «feeling» que ce dossier ne sera pas clos. Ne soyez pas surpris si Doucet et ses concitoyens du Glebe qui ont le syndrome du «pas dans ma cour» déposent un appel à la Commission des affaires municipales de l'Ontario (entité qui avait failli faire dérailler les plans pour la Place Banque Scotia ainsi que le stade de baseball au début des années 1990). C'est l'équivalent ontarien de la ministre Nathalie Normandeau qui avait mis le holà aux plans de rénovation du Centre Robert-Guertin le printemps dernier.
Pourtant, une majorité de résidents interrogés dans le cadre d'un sondage commandé par la Ville sur le sujet (53,1%) croient qu'il est temps d'aller de l'avant dans ce dossier. Ce n'est pas l'argent de mes taxes qui est en jeu, étant donné que j'habite à Gatineau, mais j'ai tendance à penser comme eux.
Alors, début de la fin, ou fin du début?










