En battant les Devils à leur propre jeu, et en chassant Martin Brodeur après deux périodes (l'équivalent pour Jacques Lemaire de lancer la serviette), ce qui n'était arrivé que trois fois au gardien numéro d'Équipe Canada cette saison, l'équipe locale a montré qu'elle est actuellement en pleine possession de ses moyens.
Mais avant de dire que les épreuves des dernières semaines les blessures à des piliers et les cinq défaites d'affilée qui ont précédé cette heureuse séquence vont se traduire par une répétition de 2007, il y a un pas qu'on n'est pas encore prêt à franchir.
Vous vous souvenez de janvier 2007? Les Sénateurs avaient perdu leurs trois premiers centres pendant ce mois, Jason Spezza, Mike Fisher et Antoine Vermette étant tous blessés sérieusement, mais ils avaient alors trouvé le moyen de se débrouiller sans eux. Un certain Dany Heatley avait alors élevé son jeu de quelques crans.
En jouant de façon serrée, et en obtenant de solides performances de leur gardien substitut du temps, Ray Emery, ils avaient fini la saison en force et une fois rendus en séries, ils avaient poursuivi sur leur lancée pour atteindre la grande finale, où ils ont finalement frappé un mur contre les Ducks d'Anaheim.
Il y a des similitudes avec l'actuelle poussée des deux dernières semaines, amorcée alors que Daniel Alfredsson, Jason Spezza et Milan Michalek complétaient leur convalescence.
Le «Picasso du canal Rideau»
Il y a Alex Kovalev, le «Picasso du canal Rideau» (expression qu'on doit à Alain Sanscartier, j'étais dans l'erreur la semaine dernière), qui a élevé son jeu, son but d'hier lui donnant une série de sept parties avec au moins un point.
Brian Elliott profite pour sa part de l'absence du gardien numéro un, Pascal Leclaire, pour s'imposer devant le filet. (Emery, lui, avait plutôt profité des ratées de Martin Gerber.)
Mais comme il le disait hier après le match, il n'a pas grand mérite pour ce troisième jeu blanc cette saison. «C'était un blanchissage d'équipe, tout le monde a fait du bon travail devant moi et ils n'ont pas obtenu beaucoup de chances», a noté la première étoile de la dernière semaine dans le circuit Bettman.
En plus de limiter les chances des Devils dans leur propre zone, les Sénateurs ont souvent gardé possession de la rondelle en zone adverse pendant de longues périodes, en particulier la ligne de Mike Fisher, Nick Foligno et Jonathan Cheechoo qui effectuait un excellent échec-avant. Ça n'a pas donné beaucoup de tirs (18 en tout), mais le pointage final indiquait quand même bien l'allure de la rencontre.
L'entraîneur des Devils, Jacques Lemaire, a été impressionné par les Sénateurs, même s'il l'a été pas mal moins par son club: «On ne patinait pas et quand tu fais ça contre un bon club, tu vas de faire battre. On leur a rendu la vie facile et on a bien fait paraître leur gardien en n'obtenant aucune circulation devant lui», analysait-il.
Les meneurs de la division Atlantique avaient auparavant vaincu Ottawa trois fois cette saison, mais «Coco» Lemaire disait avoir vu un club différent hier soir: «Là, ils ont tous leurs joueurs. Ils sont certainement différents, ils ont quatre bonnes lignes d'attaque», a-t-il noté.
Le grand Martin Brodeur, de son côté, n'a pas apprécié de laisser la place à Yann Danis en troisième période, après avoir alloué trois buts sur 12 tirs, mais comme il obtiendra probablement un 31e départ de suite ce soir à Buffalo, il comprenait son entraîneur.
«Regardez ma carrière, Jacques a tendance à faire ça plus souvent que les autres. J'aime finir ce que je commence, mais comme je joue beaucoup, je dois prendre le repos quand je peux. Ce n'était pas la première fois, ni la dernière. De toute façon, après qu'ils aient compté leurs deux buts en première, on aurait dit que ce match-là était fini. Nos chances de marquer ont été pas mal minces après ça», soulignait-il.
Les Devils passent par où les Sénateurs sont déjà passés, avec des piliers comme Patrick Elias, Paul Martin et Dainius Zubrus actuellement sur la liste des blessés.
C'est pourquoi il ne faut pas trop partir en peur avec ce septième gain de suite. Mais aller battre les Penguins à Pittsburgh demain soir pourrait commencer à me faire changer d'idée.











