Alain Vigneault, le boss des Canucks

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Marc Brassard
Le Droit

En vétéran entraîneur qu'il est maintenant, Alain Vigneault ne ressent plus de plaisir particulier à voir son club actuel, les Canucks, affronter une de ses anciennes équipes, comme le Canadien ou les Sénateurs.

«Je suis juste content de pouvoir voir mes parents, ma famille et mes amis quand on leur rend visite... Et je veux gagner afin qu'ils me voient heureux après le match, plutôt qu'ils me voient bougonner après une défaite», a-t-il lancé en riant hier après-midi, après avoir dirigé l'entraînement des Canucks à la Place Banque Scotia.

 

Au lendemain d'une défaite contre le Canadien à Montréal où il avait une quarantaine d'invités dans les gradins du Centre Bell, l'entraîneur originaire de Gatineau n'était pas trop «bougon», au contraire. «Avec l'expérience, on accepte mieux de telles défaites où ton club a bien joué, mais où il s'est buté à un gardien en possession de tous ses moyens, comme (Jaroslav) Halak l'a été mardi soir», confiait-il en revoyant un visage familier.

Vigneault ne peut quand même pas trop se plaindre: avant le revers contre le Tricolore, ses Canucks venaient de remporter sept victoires d'affilée pour s'emparer du premier rang de la division Nord-Ouest devant l'Avalanche du Colorado. Son club a la troisième meilleure attaque de la LNH, menée par le trio de l'heure des jumeaux Sedin, Henrik et Daniel, avec le Québécois Alex Burrows. Il mise aussi toujours sur un des meilleurs gardiens de la ligue en Roberto Luongo, bien protégé par une excellente brigade défensive même si un de ses piliers, Willie Mitchell, est présentement blessé.

Les Canucks, qui viennent d'amorcer une séquence de 14 parties consécutives à l'étranger en raison des Jeux olympiques, ont aussi traversé sans coup férir la controverse Auger-Burrows. Il y a trois semaines, l'attaquant québécois a accusé l'arbitre Stéphane Auger de lui avoir imposé quelques punitions douteuses par esprit de vengeance pour l'avoir fait mal paraître lors d'un match précédent.

«Dans notre esprit, Alex disait la vérité alors notre organisation s'est rangée derrière lui, sans pour autant attaquer la LNH», dit Vigneault, qui n'a «aucun commentaire négatif» à faire sur l'arbitrage envers son club depuis cet épisode.

Toujours respecté

Le capitaine des Canucks, Roberto Luongo, me disait hier que cette façon de faire de Vigneault explique bien pourquoi ses joueurs le respectent toujours, plus de trois saisons et demie après qu'il soit débarqué en Colombie-Britannique.

«Il est du bord de ses joueurs, et ça, c'est important, mentionne le gardien de but étoile. Quand c'est le temps de nous donner un coup de pied dans le derrière, il va le faire aussi. Il exige toujours qu'on travaille fort et qu'on applique son système. Mais c'est un coach qui défend toujours ses joueurs et on l'apprécie.»

Trois saisons et demie derrière le banc d'un club de la LNH, c'est beaucoup. En fait, c'est l'espérance moyenne de vie d'un entraîneur. Elle est de 3,7 ans dans la NFL, de 3,5 ans dans la NBA et de 4,2 ans au baseball majeur.

Évidemment, il y a des Lindy Ruff et des Barry Trotz (12 ans en poste à Buffalo et Nashville, respectivement) qui font monter cette moyenne. Les Sénateurs, en changeant d'entraîneur quatre fois en trois ans depuis 2007, l'ont fait baisser.

La croyance générale veut qu'après trois ans, le message d'un entraîneur commence à moins bien passer. C'est ce qui était arrivé à Vigneault, congédié en novembre 2000 par le Canadien, après un peu plus de trois saisons.

«Moi, je ne crois pas à ça, le fait qu'un entraîneur puisse 'perdre' son vestiaire après une couple d'années, dit Vigneault. Si tu as l'appui de ton d.g. et de tes propriétaires, comme je l'ai à Vancouver, il n'y aura pas de problème. Chez nous, les joueurs savent que c'est moi le boss.»

Ils le savent d'autant plus que l'ancien entraîneur des Olympiques (il est arrivé à leur barre il y a plus de 20 ans, ce qui ne nous rajeunit pas, lui et moi) est armé d'une extension de contrat bonne pour les trois saisons après la présente, soit jusqu'à la fin de 2012-2013. Le club lui a offert cette sécurité en septembre dernier, ce qui en dit long sur ses compétences vu que le d.g. actuel, Mike Gillis, n'est pas celui qui l'a embauché (Dave Nonis avait été remercié après sa deuxième saison à Vancouver).

Le récipiendaire du trophée Jack-Adams en 2006-2007 sait évidemment ce qu'il doit faire pour rester à Vancouver, et ce, bien après son 50e anniversaire de naissance qu'il célébrera l'an prochain: gagner une coupe Stanley.

 

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