Aumont a vécu des changements en douceur

Marc Brassard
Le Droit

Le passage de la Ligue des Cactus à celle des Pamplemousses ainsi que de releveur à partant s'est effectué en douceur pour le Gatinois Phillippe Aumont.

Impliqué dans la méga-transaction qui a amené Roy Halladay de Toronto à Philadelphie et qui a envoyé Cliff Lee aux Mariners de Seattle, le club qui l'avait repêché, le lanceur droitier format géant confiait hier qu'il aime beaucoup son nouvel environnement à Clearwater, en Floride.

 

Le fait qu'il venait de connaître une bonne deuxième sortie dans l'uniforme des Phillies, la veille, ne nuisait évidemment pas à sa bonne humeur.

Dans un revers de 5-3 contre les Rays de Tampa Bay, Aumont n'a accordé aucun point sur deux coups sûrs et un but sur balles en deux manches et deux tiers de travail.

«Ça a bien été, pas mal mieux qu'à ma première sortie. Mais je ne m'énerve pas trop avec les résultats à ce stade-ci du camp, l'important est de faire ma petite affaire pour me préparer pour la saison», m'a raconté Aumont hier, lui qui s'est produit devant des amis de Gatineau, dont son entraîneur de longue date Stéphane Pétronzio.

L'artilleur droitier de 6' 7'' et 220livres avait été envoyé au monticule une première fois la semaine dernière dans un match contre l'équipe de l'université Florida State et il avait connu des difficultés, allouant cinq points sur deux coups sûrs (dont un circuit), cinq buts sur balles et un mauvais lancer en à peine deux tiers de manche.

Trop en faire

«Ce n'est pas facile d'être impliqué dans un gros échange, tout le monde te dit de ne pas te mettre de pression sur les épaules, mais il y en a quand même un peu et j'ai essayé d'en faire un peu trop», dit Aumont, qui a discuté avec plusieurs dirigeants des Phillies par la suite, Ils lui ont expliqué que ce sont eux qui devront vivre avec les conséquences de l'échange impliquant aussi deux autres espoirs (Tyson Gillies et J.C. Ramirez), pas les joueurs.

Le présent camp d'entraînement en est un de transition pour Phillippe Aumont: il se retrouve avec une équipe différente et dans un rôle différent. Qui plus est, les Phillies lui ont demandé de modifier un peu sa motion. En fait, ils veulent qu'il reprenne celle qui lui a valu d'être un choix de première ronde (11e au total) en 2007, alors qu'il lançait la balle aux «trois quarts» plutôt que directement par-dessus son épaule.

«Je n'ai pas de problème avec ça, mais c'est un ajustement. Quand je suis fatigué, mon bras a tendance à baisser un peu plus. Mais à force de lancer, je vais me réhabituer», souligne-t-il.

«Nous l'avons placé sur une rotation de cinq jours afin qu'il puisse lancer plus souvent dans l'enclos et travailler certaines choses, a dit l'entraîneur des lanceurs des Phillies Rich Dubee à MLB. com. L'angle de son bras s'améliore, il trouve la bonne place pour lui. Il est un jeune intelligent, mais on ne met pas trop de choses dans son assiette. On essaie de s'assurer qu'il soit lui-même, tout naturellement. Je n'aimerais pas qu'on le confonde en lui demandant de faire des millions de choses.»

Disant avoir «une meilleure éthique de travail» à son deuxième camp des majeures, Aumont apprend aussi au contact des vétérans lanceurs des Phillies, dont l'ancien Blue Jay Roy Halladay, un ancien récipiendaire du trophée Cy-Young. «Je ne me suis pas encore vraiment assis avec lui, j'apprends juste à le voir aller. Il est à son affaire, toujours le premier arrivé le matin, et il suit une routine bien établie. Je ne veux surtout pas trop le déranger», dit le jeune homme de 21 ans.

Aumont réalise très bien que les finalistes de la Série mondiale de l'an dernier n'ont pas de place pour lui pour commencer l'année dans les majeures. Leur camp est donc une occasion pour lui de prendre plus d'expérience avant de prendre le chemin du camp des mineures, probablement à la fin de mars. Les Phillies entendent lui faire commencer l'année au niveau AA, avec la formation de Reading, en Pennsylvanie.

«Cette année est une année pour prendre de l'expérience. On verra ensuite où je serai rendu l'année prochaine. Et on ne sait jamais ce qui peut arriver en septembre», ajoute Phillippe Aumont.

En vitesse

Comme Aumont, le receveur Luke Carlin, originaire du secteur Aylmer de Gatineau, tente sa chance avec un club de la Pennsylvanie: celui qui a joué quelques matches avec les Diamondbacks de l'Arizona l'an passé est au camp des majeures des Pirates de Pitts- burgh... Le Gatinois Marc-Étienne Bussières connaît un bon début de saison hivernale à l'université South Alabama, où il complétera ses études ce printemps. En fin de semaine, il a terminé en deuxième place au tournoi de South Florida University avec un cumulatif de moins-7 après trois rondes sous la normale (69, 70 et 70). Il devrait faire le saut chez les professionnels cet été, possiblement sur le circuit canadien ou le circuit Tar Heel, en Caroline.

 

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