»Ça m'a beaucoup manqué» - Éric Lucas

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Éric Lucas prépare son retour depuis plus d'un... (La Presse)

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Éric Lucas prépare son retour depuis plus d'un an. La maladie de sa fille Mélodie, qui a été traitée pour un grave cancer à l'abdomen, a retardé ses plans, mais il n'a jamais perdu le goût de revenir.

La Presse

 

Robert Laflamme
La Presse Canadienne
Montréal

Regaillardi après une retraite de presque quatre ans, le boxeur Éric Lucas a hâte de renouer avec les amateurs québécois, de se retrouver dans l'arène gonflé à bloc par l'adrénaline d'une soirée de combat.

«Ça m'a beaucoup manqué», a-t-il avoué, hier, au cours du point de presse qu'il a donné au Complexe sportif Claude-Robillard.

Lucas a confirmé son retour à la compétition, le 11décembre, au centre Bell, en sous-carte du combat revanche entre Jean Pascal et Adrian Diaconu.

 

L'ancien champion du monde des super-moyens du World Boxing Council (WBC), âgé de 38 ans, affrontera l'Argentin Ramon Pedro Moyano, 37 ans, détenteur d'une fiche de 27-8-3 (15 K.-O.). Le combat sera limité à huit rounds.

Lucas (38-7-3, 14 K.-O.) ne s'est pas battu depuis le 14janvier 2006. Il s'était alors incliné par K.-O. technique au 10e round contre le Danois Mikkel Kessler, qui avait mis à l'enjeu sa ceinture de la World Boxing Association (WBA).

«Je veux seulement boxer de nouveau et avoir du plaisir, a-t-il affirmé. Je n'ai pas d'objectif précis. Je ne le fais pas pour prouver quoi que soit. Je ne dois rien à personne. Je n'ai rien à prouver à personne. Je le fais pour moi-même.»

Entraînement avec Bute

Lucas prépare son retour depuis plus d'un an. La maladie de sa fille Mélodie, qui a été traitée pour un grave cancer de l'abdomen, a retardé ses plans, mais il n'a jamais perdu le goût de revenir. Il a intensifié l'entraînement au cours des derniers mois. Au cours des dernières semaines, il a accompagné Lucian Bute en camp en Floride.

«Échanger les coups avec le champion du monde m'a permis de bien évaluer ma progression, a-t-il relevé. À partir de ce moment, j'étais convaincu de vouloir faire un retour. Il ne restait qu'à obtenir l'approbation de Stéphan, ce qui a été fait.»

Le scepticisme de Larouche

L'entraîneur Stéphan Larouche a été dur à convaincre. Il ne cache pas qu'il a possiblement été celui qui a affiché le plus de scepticisme face au projet de Lucas.

«Je me rappelais tous les efforts qu'il avait mis à l'entraînement vers la fin de sa carrière, il y a quatre ans, a-t-il relaté. Je me disais que quand il recommencerait, il trouverait ça difficile, qu'il se découragerait et qu'il abandonnerait au bout de quelques mois. Ça n'a pas été le cas.»

À mesure que Lucas intensifiait le rythme en gymnase, Larouche se disait qu'il finirait par abandonner.

«L'épisode de sa fille l'a gardé calme et serein, sur la bonne voie. Il s'est entraîné pendant un an sans objectif de résultat en combat. Il était bien dans sa peau, réfléchi. Il était positif, il disait qu'il remarquait des progrès quotidiennement. Je constatais qu'il avait raison, mais je croyais encore qu'il abandonnerait.»

Larouche est finalement arrivé à la conclusion que Lucas est en bonne condition physique et qu'il peut bien se défendre dans l'arène.

«Je ne peux pas l'empêcher de vivre son rêve, a-t-il souligné. Il aurait pu m'en vouloir et j'aurais pu m'en vouloir.»

Lucas a expliqué avoir retrouvé la motivation. En 2006, dans les mois précédant son dernier combat, il a confié que l'usure de 15 années de carrière et de combats de championnat importants avaient fait son oeuvre.

Contre Moyano, «un rival qu'on a trouvé dans les petites annonces», a lancé Larouche à la blague, Lucas ne va s'efforcer que d'offrir une bonne performance et de ne pas décevoir les gens.

«Peu importe l'identité de l'adversaire, on veut voir comment Éric va se comporter dans l'arène. Parce qu'il devrait l'emporter. Ce n'est pas un combat pour mousser la vente des billets, en principe.»

Ce combat servira à évaluer où en est rendu Lucas face à un opposant dont le dernier combat significatif, une défaite contre l'Italien Cristian Sanavia, remonte à 2001.

L'ancien champion, qui va combattre à 175livres, s'est dit convaincu qu'il va livrer la marchandise.

«Je suis bien préparé. Je suis en bonne forme. J'ai retrouvé mes réflexes en défense. Il reste à peaufiner ma technique à l'attaque. On va voir au bout de ce huit rounds si ce retour est une bonne chose ou non.»

Si tout se passe bien, Lucas pourrait être impliqué dans des combats à saveur locale contre des boxeurs comme Stéphane Demers ou Joachim Alcine. Uniquement que dans ses rêves, il se voit remonter dans les classements mondiaux. Il ne veut surtout pas être un faire-valoir de jeunes en progression, ni un partenaire d'entraînement de luxe.

Il doit faire une croix quant à un éventuel match-revanche contre l'Allemand Marcus Beyer, qui est à la retraite pour de bon en raison de problèmes de dos.

 

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