Alors que trois membres du Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2010 à Vancouver (COVAN) étaient de passage à Ottawa pour témoigner au comité parlementaire des langues officielles, les députés de l'opposition ont soulevé le travail qu'il reste à faire afin de s'assurer que les Jeux d'hiver soient réellement bilingues.
Et le coup d'envoi des Jeux, avec l'arrivée de la flamme en sol canadien la fin de semaine dernière, a été un mauvais départ, ont déploré le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Bloc québécois.
Le critique du NPD en matière de langues officielles, Yvon Godin, a souligné qu'il lui avait été impossible de visionner les cérémonies en français. Il s'inquiète donc de ne pas pouvoir suivre le relais de la flamme, qui parcourra 45 000 kilomètres en 106 jours, dans la langue de Molière.
«Des francophones n'ont pas eu la chance, partout au Canada, de voir la flamme olympique arriver en même temps que les autres (...) C'est honteux, c'est scandaleux!», s'est indigné M. Godin.
Un membre du conseil d'administration du COVAN, venu témoigner au comité, a toutefois assuré que pendant les Jeux olympiques la télédiffusion se ferait dans les deux langues officielles.
«C'est plus de 850 heures de télédiffusion en direct durant la période des Jeux qui vont se faire en français sur différents canaux, mais toujours avec la plateforme de RDS qui va être le réalisateur de toute cette plateforme francophone», a fait valoir Jacques Gauthier, précisant que c'est le Réseau des sports (RDS) qui sera le diffuseur officiel en français.
«Pour nous tous c'est vraiment satisfaisant parce que ça couvre tout le Canada», a-t-il ajouté.
Le bilinguisme n'est pas non plus acquis en ce qui concerne la signalisation, notamment dans la ville de Richmond, qui refuse de se faire refiler la note d'un affichage dans les deux langues officielles.
«La Ville veut bien que la signalisation permanente soit en anglais et en français, mais elle ne veut pas payer», a expliqué M. Gauthier, indiquant du même souffle que les discussions allaient néanmoins bon train.
Mais sur les sites officiels, la signalisation bilingue a été mise en place, ont assuré les membres du COVAN.
Même constat du côté de l'aéroport de Vancouver, où certains députés ont affirmé avoir eu du mal à être servis en français il y a quelques jours. Les membres du COVAN se sont toutefois dits confiants que la situation soit réglée d'ici le début des Jeux, dans quelques semaines, même si le comité n'a pas autorité sur l'aéroport.
Quant au nombre de bénévoles bilingues et les services de traduction, tout sera en place pour le début des Jeux, a promis le COVAN.
«Ce qu'on a fait dans la sélection (des bénévoles), on s'est assuré qu'il y avait un bon niveau de conversation. Donc s'assurer qu'ils vont pouvoir dire beaucoup plus que «bonjour', «hello» et «voici la direction de tel site'», a fait valoir la directrice des langues officielles du COVAN, Francine Bolduc.
A l'instar du gouvernement fédéral, qui promet depuis des mois que les Jeux de Vancouver seront entièrement bilingues et témoigneront de la dualité culturelle du pays, M. Gauthier a souligné que le COVAN souhaitait également s'assurer du succès des J.O. dans ce domaine.











