Faites la connaissance de Denis Beaudoin et Jean Beauregard, qui comptent assister au passage de la flamme dans la région lors des prochains jours.
« Ce fut un moment magique qui a duré cinq à dix minutes », a avoué Beaudoin qui tenait le flambeau à bout de bras le soir du 12 décembre 1987 sur le boulevard Maloney, entre l'édifice John-Luck et la rue Saint-Louis.
Il neigeait lorsque la flamme a fait son entrée en Outaouais.
« Des gros flocons comme des dix cennes, s'est souvenu Beaudoin, qui était alors âgé de 29 ans. C'était féerique comme décors. Tu courais sur un tapis blanc dans les rues de la ville. L'ambiance était incroyable. Les gens étaient nombreux à t'encourager. »
Entraîneur de karaté bien connu à Gatineau, le père de famille n'a pas seulement conservé des beaux souvenirs de son moment d'intimité avec la flamme. Il possède encore son uniforme de course officielle rouge et blanc remis à chaque porteur.
De plus, un de ses élèves lui avait confectionné en bois une réplique du flambeau.
La chance a voulu qu'il participe à ce relais. À l'époque, le commanditaire principal Petro-Canada organisait un concours pour combler les places disponibles.
« J'avais fait le plein d'essence à quelques reprises pour remplir des coupons », s'est souvenu M. Beaudoin en riant.
Jean Beauregard avait aussi tenté son coup. Mais son nom n'avait jamais été pigé.
En montgolfière
Sauf qu'il a quand même eu la chance de goûter aux Jeux et au relais. Pilote de montgolfières, il avait déniché un emploi au sein d'une compagnie de Calgary. Peu de temps par la suite, l'entreprise décrochait un contrat de Petro-Canada qui voulait faire de la publicité dans le ciel durant le relais.
« Nous étions deux pilotes. Nous nous sommes promenés pendant 111 jours. Nous arrêtions notre véhicule et nous gonflions le ballon où nous pouvions, s'est rappelé Beauregard.
« Ce relais a changé ma vie », a-t-il avoué. L'aventure olympique lui a confirmé sa passion pour la montgolfière tout en lui pavant le chemin vers un emploi de contrôleur aérien à Ottawa.
Ajoutez à cela qu'il a pu découvrir le Canada, y croiser des gens remarquables, autant anglophones que francophones.
« Le relais, c'est une belle initiative. Les gens qui sont contre ça ne réalisent pas à quel point ceux qui portent la flamme vivent une belle expérience. »
Jean Beauregard se promettait d'aller encourager un de ses amis enseignants qui tiendra le flambeau durant son passage de Gatineau à Ottawa samedi.
« Ça risque de me rappeler de beaux souvenirs », a-t-il avoué.
Denis Beaudoin, lui, se compte chanceux. Aujourd'hui, les porteurs sont limités à 300 m.
« C'était plus long à l'époque. J'avais parcouru plus ou moins un kilomètre. »











