Car il faut le dire. Après quatre jours à suivre cette flamme dans la Petite-Nation, Gatineau, Ottawa et la Vallée de l'Outaouais, le coin regorge de «chialeux» olympiques. Des gens se sont plaint des rues fermées samedi dans le secteur Hull.
Ça dérangeait leur parcours pour faire le plein de cadeaux.
Hier matin, au centre-ville d'Ottawa, les gens en avaient contre les bouchons de circulation plus imposants que la normale près du centre Rideau et de la colline parlementaire.
Vendredi, des automobilistes rageaient d'attendre derrière le convoi qui a emprunté la route 148, traversant Montebello, Papineauville, Plaisance et Thurso.
Probablement les mêmes personnes qui suent en entendant les avions survolés au-dessus de leur maison, le train siffler près de chez eux ou la musique de festivals à Aylmer et Gatineau.
Il est facile de se plaindre derrière un volant ou via un courriel anonyme aux medias.
Est-ce que ces «chialeux» auraient le même courage de se plaindre au visage des gens qui ont porté le flambeau. Ils ont été plus de 320 personnes depuis vendredi à participer à ce relais, vêtus en blanc.
Un relais qui récompensait des bénévoles du milieu sportif et communautaire, des miraculés de la santé, des hommes ou des femmes qui ont dû composer avec la perte d'un enfant ou de leur conjoint récemment.
Certains riaient de bon coeur, d'autres versaient des larmes lors de leur parcours sur 300 mètres avec le symbole des Jeux en main. Des sexagénaires, et même une octogénaire, avaient ce regard d'un enfant qui ouvre son premier cadeau de Noël.
Reconnaissance additionnelle
Puis il y a eu ces athlètes, ayant sacrifié argent et temps en famille afin de représenter leur pays durant plusieurs années, qui ont pu recevoir une reconnaissance additionnelle. Ils multipliaient les prises de photo avec des inconnus qui les accueillaient chaleureusement dans leur coin de région.
Il fallait voir l'imposante foule autour du hockeyeur sur luge Jean Labonté à Gatineau et l'ancienne patineuse Elizabeth Manley à Almonte. Ou les gens de Thurso scander «Bravo Bruny! On t'aime Bruny» quand l'ancien sprinter Bruny Surin a amené la flamme dans leur ville. Une ville, rappelons-le, qui a mangé sa part de taloches dans la dernière année avec la suspension des activités de l'usine Papiers Fraser.
Aucun porteur de Thurso
Le passage de ce relais a été un baume sur une plaie pendant quelques minutes pour une partie des spectateurs. On oubliait un peu 2009 en pensant à ce qui s'en vient en février 2010, à Vancouver.
À Thurso, la population s'est plainte d'une chose. Et elle avait raison. Aucun citoyen de la place n'a porté le flambeau. Les six personnes retenues provenaient de l'Ontario, de Gatineau ou de la région de Montréal.
Pourtant, des gens de la place avaient soumis leur candidature dans les divers concours organisés pour trouver des participants au relais. Il faut croire que leur formulaire a été égaré par la poste ou dans une base de données informatiques à Toronto...
Ça, c'est une raison pour chialer.
L'absence du français dans une cérémonie à l'hôtel de Ville d'Ottawa en est une autre bonne. Dire que la municipalité a choisi une Franco-Ontarienne pour lancer ses activités.
Donc, pas de médaille pour la «City of Ottawa», ni pour les «chialeux» de bouchons de circulation.
Mémo à ces gens en passant. Un autre relais d'une flamme est prévu en juillet 2010. Celle des Jeux du Québec. Aiguisez déjà votre patience.












