Un bel exemple de courage et de persévérance

Langlois combat le mauvais sort depuis 12 ans

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Anabelle Langlois, la patineuse artistique de Hull et... (Photo: Paul Chiasson, PC)

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Anabelle Langlois, la patineuse artistique de Hull et son partenaire Cody Hay.

Photo: Paul Chiasson, PC

Martin Comtois
Le Droit

La médaille d'or de la patineuse la plus malchanceuse pourrait facilement lui être remise.

Un commentaire qui fait éclater de rire Anabelle Langlois à l'autre bout du fil. C'est un vendredi soir à Barrie, une ville dans laquelle la Hulloise de

28 ans s'entraîne depuis quatre ans et demi. L'ancienne championne canadienne en couple s'apprête à participer à une petite fête avant son départ vers Vancouver pour une deuxième participation en carrière aux Jeux olympiques.

« C'est vrai qu'il me semble que la malchance ne me lâche pas. J'ai l'impression de toujours nager à contre-courant », s'est-elle remémorée.

Un saut lancé raté lui avait valu une commotion cérébrale en début de carrière en 1998, l'année où elle est devenue une des premières diplômées du programme sports-études de patinage artistique en Outaouais.

Puis un mystérieux virus l'a clouée au lit pendant un mois et demi avant les championnats canadiens en 2005. Durant cette même compétition, elle s'était blessée sur la patinoire en se frappant la tête contre celle de son ancien partenaire Patrice Archetto.

La saison suivante, le mauvais sort était toujours omniprésent, même si Langlois patinait dorénavant en compagnie d'un nouvel homme, Cody Hay, un sympathique garçon de l'Ouest canadien.

En route vers Moscou, une compagnie aérienne a égaré la valise qui contenait ses patins et sa trousse de maquillage. Langlois et son partenaire ont dû se retirer de la prestigieuse Coupe de Russie, une des étapes du circuit Grand Prix.

Neuf mois auparavant, une erreur du système d'attribution des points de l'Union internationale de patinage avait coûté une place au couple à la compétition des Quatre Continents à Colorado Springs.

Après des pierres aux reins, une côte fêlée et une inflammation aux poumons, le pire s'est produit à l'été 2008.

Cheville fracturée

Langlois s'est fracturée la cheville droite lors d'un entraînement estival en essayant une nouvelle paire de patins. Tout ça le jour de sa fête.

Même l'être humain le plus pessimiste ne pourrait inventer une série d'histoires comme celle-là. À quelque part sur le globe, une poupée vaudou à l'effigie de Langlois existe. Comment expliquer autrement une telle série d'incidents ?

« Il arrive pas mal toutes sortes d'histoires aux athlètes qui se rendent aux Jeux, mais je dirais qu'Anabelle a été plus malchanceuse que les autres, avoue la présidente de la Fédération de patinage artistique du Québec, Sylvie Simard.

« C'est un des beaux exemples que nous donnons aux jeunes patineurs chez nous quand vient le temps de parler de courage et de persévérance. Anabelle n'a jamais arrêté de patiner ou de croire à son rêve malgré tous les malheurs qui lui sont tombés dessus. »

La principale intéressée, elle, reconnaît qu'il y a eu des taloches plus difficiles à encaisser que d'autres. Le principe biblique de tourner l'autre joue sans broncher, elle connaît trop bien ça.

« Ce n'est pas toujours juste, dit Langlois. Mais à chaque fois, j'ai toujours fait un effort pour ne pas me décourager. »

Il reste que sa plus récente épreuve l'a épuisée sur le plan émotif.

Cette fracture à une cheville, qui a nécessité deux interventions chirurgicales, lui a fait rater une saison complète. Et le retour à l'entraînement en mai dernier a été plus difficile que prévu. « Il y a des moments où j'ai pleuré beaucoup sur la patinoire en tentant de réapprendre à effectuer des sauts l'été passé. Il y a beaucoup de gens qui ont été patients avec moi. »

Seulement neuf mois se sont écoulés entre ses premiers coups de patin à la suite de la seconde intervention chirurgicale et sa qualification olympique, il y a deux semaines, à London. Durant cette période, Langlois et Hay n'ont participé qu'à deux compétitions.

« C'est extraordinaire qu'Anabelle a pu se rendre jusqu'aux Jeux en si peu de temps, souligne Sylvie Simard. Habituellement lorsque tu rates une saison complète, ça te prend deux ans pour t'en remettre et patiner comme avant. »

Encore plus impressionnant à ses yeux, c'est que la fougueuse athlète de 4' 10? s'avère le membre le plus âgé de l'équipe canadienne. C'est le point d'exclamation à ce retour.

« Elle n'a plus 18 ans, rappelle Mme Simard. À son âge, c'est plus difficile de se remettre de ce genre de blessures, de ne pas patiner pendant une saison complète. »

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