Un gagnant de la Gatineau Loppet prendra le départ aux JO

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Découvrez les athlètes de la région de la capitale fédérale qui participeront aux Olympiques à Vancouver. »

Martin Comtois
Le Droit

C'était sa dernière entrevue d'une longue journée passée dans un tourbillon médiatique.

À l'autre bout du fil, Ivan Babikov se demandait pourquoi un journaliste francophone de la région de la capitale nationale s'intéressait à lui. Né en Russie, ce skieur de fond s'entraîne depuis sept ans en Alberta. Il a obtenu sa citoyenneté canadienne en décembre 2007 et représentera son pays adoptif dans trois jours aux Jeux olympiques.

On lui a rappelé que son nom était connu dans le coin. Qu'il avait gagné, une main dans le dos, l'épreuve reine de 53 km libre de la Gatineau Loppet en 2008. Qu'il avait terminé deuxième lors de l'édition précédente.

« De beaux souvenirs, de belles pistes, une atmosphère de course incroyable » réplique Babikov avant de s'excuser.

« Désolé. Je suis épuisé mentalement. J'ai dû effectuer tellement d'entrevues ces derniers jours. Je suis simplement heureux que ce soit terminé. J'ai besoin de me reposer et reprendre l'entraînement. »

Son parcours a piqué la curiosité de la presse nationale et internationale.

Considéré trop petit

L'équipe russe le jugeait trop petit et pas assez fort à 5' 7? et 150 livres. La formation canadienne l'a pris sous son aile à son arrivée au pays. Pour arrondir ses fins de mois et aider financièrement sa conjointe toujours coincée dans la défunte Union Soviétique, il a dû travailler dans un supermarché à remplir les tablettes des congélateurs.

À Turin en 2006, Babikov rêvait de s'aligner au sein de l'équipe olympique canadienne. Mais toute la paperasse administrative afin d'obtenir sa citoyenneté n'avait pu être complétée avant les délais requis.

Babikov, âgé de 29 ans, a pilé sur son orgueil et s'est présenté aux sélections russes, se taillant une place au sein de la formation de son pays natal. Aux Jeux, il a terminé 13e.

Sauf que les entraîneurs russes, qui voyaient sa présence d'un mauvais oeil, ont décidé de l'écarter du relais. Cette fois-ci, Babikov participera à toutes les épreuves olympiques sous les couleurs canadiennes.

À ses deux dernières courses sur le circuit de la Coupe du monde, il a récolté des neuvième et dixième positions.

En janvier 2009, il est devenu seulement le deuxième skieur canadien après Pierre Harvey à remporter une épreuve de la Coupe du monde.

Pas de prédiction

- Une prédiction Monsieur Babikov en vue des Jeux ?

« Je ne suis pas ce genre de gars. Je vais tout donner ce que j'ai. La bonne nouvelle, c'est que je suis en bonne santé. »

Une bonne nouvelle pour lui, mais pas nécessairement pour ses adversaires qui l'ont surnommé dans le passé « La Machine » et « Le Missile russe ». Ses coéquipiers, eux, l'appellent le « Bulldog ».

Babikov ne lâche jamais en piste. Même malade comme un chien, il avait remporté la Gatineau Loppet il y a deux ans.

Ceux qui tentaient de le rattraper n'en revenaient pas.

Son titre, il n'avait pu le défendre l'hiver dernier. Il se trouvait au même moment en République en vue des championnats du monde. Le relais canadien dont il faisait partie avait pris le cinquième rang.

« J'ai hâte aux Jeux. Ce sera un moment spécial pour moi. Un moment que j'attends depuis que je suis arrivé ici. »

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