Vers les Jeux sans la télé

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À quelques jours de ses débuts aux Jeux olympiques, la skieuse de fond... (Archives, La Presse Canadienne)

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Archives, La Presse Canadienne

Martin Comtois
Le Droit

À quelques jours de ses débuts aux Jeux olympiques, la skieuse de fond Perianne Jones se rappelle trop bien son enfance passée sans téléviseur dans la résidence familiale.

Au lieu de regarder des dessins animés tôt le samedi matin au petit écran, c'était direction vers le parc de la Gatineau. L'été, la course et le vélo se trouvaient au menu. Ces activités cédaient le pas au ski de fond l'hiver.

 

On bougeait chez les Jones.

Une seule exception avait été décrétée par les parents.

«Le seul moment où il y avait un appareil télé chez nous, c'était lors de la présentation de Jeux olympiques. Mon père en louait un pendant deux semaines afin que nous puissions vivre l'expérience olympique, relate Jones.

«Il tenait à ce que nous réalisions à quel point cet événement s'avérait si spécial. Ces deux semaines étaient excitantes pour nous. Nous avons pris conscience à quel point ces athlètes travaillaient fort.»

Maintenant adulte, la skieuse du club Nakkertok de Cantley ne peut toujours pas nommer les émissions les plus populaires. Elle ne possède pas le câble à sa résidence de Canmore, en Alberta, où elle s'entraîne depuis sept ans au centre national de haute performance.

«J'ai passé mon enfance et mon adolescence à bouger. Le fait de passer mon temps à l'extérieur de la maison et non devant la télé a sûrement joué un rôle dans mon développement, au fait que je puisse me rendre aussi loin.»

Âgée de 24 ans, Jones s'avère un joyau de la relève canadienne du ski de fond. Elle avait terminé huitième lors des championnats du monde des moins de 23 ans en Italie en 2008.

La saison dernière était son baptême sur la scène senior. La transition s'est drôlement bien déroulée. Sa sixième position au sprint par équipe avec Sara Renner lors du championnat du monde en République Tchèque lui a assuré d'une place au sein de l'escouade olympique canadienne.

«Je me compte chanceuse d'avoir pu me qualifier si tôt. J'ai eu un an pour me préparer, me concentrer en vue des Jeux. Je n'ai pas eu à composer avec l'énorme pression qui reposait sur les épaules de certains athlètes ces dernières semaines.»

Des attentes élevées

Au parc olympique de Whistler, site des compétitions de ski de fond, tous les yeux des amateurs canadiens seront fixés vers Renner et Chandra Crawford, tous deux des médaillés olympiques il y a quatre ans à Turin.

«Et avec raison, plaide Perianne Jones, qui a déjà été la colocataire de Crawford.

«Elles méritent cette attention. Moi, je suis bien contente de me retrouver loin des projecteurs.»

Du même souffle, elle sympathise avec ses coéquipières envers lesquelles les attentes sont élevées.

«Oui, nous avons une grande équipe. Nous possédons d'excellences chances de signer de bons résultats. Mais les gens doivent réaliser qu'il est extrêmement difficile de remporter une médaille aux Jeux. Personne n'obtient une passe gratuite jusqu'au podium, plaide Jones.

«Le fartage doit être approprié, tu dois être dans la meilleure forme physique de la saison et tu dois aussi connaître ta meilleure journée de ta carrière. Tout doit tomber en place car il y a tellement de skieurs qui ont le potentiel de remporter une course.»

Originaire d'Almonte, une petite ville située à l'Ouest d'Ottawa, Jones s'est surtout entraînée dans le parc de la Gatineau. «J'ai mangé beaucoup de grilled cheese là-bas entre deux entraînements, lance-t-elle à la blague.

«Il n'y a pas beaucoup d'endroits au pays où tu peux skier sur autant de sentiers différents pendant plusieurs heures. Le choix est incroyable.»

Il y a deux ans, Jones avait animé un atelier de formation en compagnie des membres de l'équipe nationale pour les fondeurs de l'Outaouais. Elle avait été épatée par le talent sur place.

«Il y a d'autres jeunes skieurs du coin qui vont percer sur la scène internationale. Regarde les résultats ces dernières années aux championnats canadiens.»

Mcomtois@ledroit.com

 

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